Et si le vrai problème de Rina Sawayama, c’était d’avoir trop de chansons ? Pas une démo qui traîne sur un disque dur, non. Elle vient d’annoncer avoir enregistré “40 ou 50” nouveaux titres en deux ans, tout en jonglant avec un planning d’actrice qui ferait transpirer n’importe qui.
Le détail qui change tout, c’est que cette montagne de morceaux n’est pas un simple “j’ai écrit vite”. C’est une période de tri, de recherche, de remise en question. Et franchement, ça sent le moment charnière.
50 chansons, et maintenant, on fait quoi ?

Quand une artiste dit qu’elle a enregistré 40 à 50 chansons, y a deux lectures. Soit c’est de la quantité, soit c’est le signe qu’elle n’a pas voulu se contenter du premier jet. Dans le cas de Rina, je penche clairement pour la deuxième option.
Elle explique être entrée dans une phase quasi “laboratoire”, à décortiquer chaque ligne, retoucher des harmonies, en changer, puis recommencer. Ça peut paraître obsessionnel. Mais c’est exactement comme ça qu’on passe d’un bon titre à un morceau qui te colle au corps.
Le “mode forensic”, c’est pas un slogan
Ce qui m’a frappé, c’est sa façon de décrire le travail de finition. Pas de romantisme facile sur “l’inspiration”. Elle parle plutôt d’équilibre, de démontage, de reconstruction. C’est brut. Et c’est ultra parlant.
Dans une époque où beaucoup sortent des singles à la chaîne, elle revendique l’inverse, le temps long. Elle dit même que c’est la plus longue période qu’elle ait passée sur un disque. Pour les fans qui s’impatientent, c’est frustrant. Pour la musique, c’est une excellente nouvelle.
Ce que ça révèle sur son prochain projet
Elle ne décrit pas encore le son. Et ce silence, à mon avis, n’est pas un vide. C’est une stratégie. Quand tu as 50 pistes, tu peux littéralement choisir ton identité d’album.
Ce genre de stock permet aussi d’ajuster le propos au moment. Une sortie en 2026 n’a pas les mêmes attentes qu’une sortie en 2022. Rina le sait. Elle a toujours eu ce côté “album pensé comme une ère”.
- Beaucoup de titres signifie souvent plusieurs directions testées, puis une seule retenue.
- Le travail de “science” sur les paroles et harmonies annonce un disque plus précis, moins instinctif.
- Le silence sur les producteurs peut indiquer une collaboration majeure pas encore prête à être dévoilée.
Entre John Wick et studio, la double vie qui influence tout

Le contexte est dingue. Rina Sawayama n’est pas juste en train de faire de la promo entre deux sessions. Elle est aussi actrice, et pas dans un petit projet confidentiel. Elle a donné des nouvelles de Caine, le spin-off de John Wick centré sur le personnage de Donnie Yen.
Elle évoque une pause de tournage, et surtout un entraînement intense de deux mois, au point de se dire dans la meilleure forme de sa vie. Ça, ça change une voix. Ça change une présence. Ça change même une manière d’écrire, parce que ton quotidien n’est plus le même.
Pourquoi le cinéma peut “durcir” une pop star (dans le bon sens)
On sous-estime à quel point le jeu et la performance physique peuvent reconfigurer un artiste. Tourner, apprendre des chorégraphies, répéter, se faire diriger, tout ça t’entraîne à l’efficacité. À la clarté. À l’intention.
Et quand tu reviens au micro après ça, tu supportes moins le flou. Tu veux que chaque phrase tombe juste. Ça colle parfaitement avec ce qu’elle raconte sur le fait de réécrire “chaque ligne”.
Un autre projet, un autre indice
Elle dit aussi avoir fini de tourner une série Apple TV intitulée Prodigies. Elle la décrit comme “trop fun”. Ça a l’air léger, mais ce mot compte. Quand tu alternes entre la pression d’un tournage d’action et un projet plus fun, tu changes d’énergie d’un jour à l’autre. Et ça nourrit l’écriture, forcément.
- Caine implique action, entraînement, discipline, donc une approche plus “serrée” de la performance.
- Prodigies apporte une autre couleur émotionnelle, possiblement plus vive, plus joueuse.
- Le mix des deux peut produire un disque avec des contrastes plus marqués que d’habitude.
Le vrai sujet, c’est la sélection (et la pression qui va avec)
On revient à la question qui fâche. 50 chansons, c’est une chance, oui. Mais c’est aussi un piège. Parce que choisir, c’est renoncer. Et quand tu es suivie, commentée, attendue, chaque renoncement peut devenir un débat sur Reddit, TikTok ou X.
Le truc, c’est qu’un album ne se juge pas au nombre de bons titres, mais à sa cohérence. Un tracklist, c’est un récit. Et Rina n’a jamais fait dans le “playlist album” où tout s’empile sans ordre.
Le casting des producteurs, un détail pas si secondaire
Elle dit avoir travaillé avec plein de producteurs différents, en cherchant “la bonne personne”. Puis elle ajoute qu’elle l’a trouvée, ainsi que l’équipe. Sans donner de noms. Là encore, ça sent le verrou de communication. Et ça peut aussi vouloir dire qu’elle s’est enfin posée.
À mon avis, c’est une étape clé. Quand tu n’as pas le bon binôme en studio, tu peux produire des chansons solides, mais pas cette signature qui fait “c’est son disque”. Quand tu trouves la bonne paire, tout s’aligne.
Le détail make-up qui a l’air anodin, mais dit beaucoup
Elle lâche une idée : pour la campagne de l’album, elle pourrait adopter un make-up plus naturel, pour “être elle-même” et donner plus à la performance. Certains vont lever les yeux au ciel. Moi je trouve ça hyper révélateur.
Ça indique une envie de déplacer le focus. Moins de masque, plus d’interprétation. Moins de “look d’ère pop”, plus de présence. Si elle va au bout de ce choix, ça peut marquer un tournant esthétique, et pas seulement musical.
Ce qu’on peut raisonnablement attendre de la suite
Non, on n’a pas de date. Non, on n’a pas de tracklist. Mais on a des signaux concrets. Déjà, elle dit être dans une phase de finalisation, donc le travail avance. Ensuite, elle a enregistré partout, “plein de voyages autour du monde”, ce qui ressemble à un disque construit par blocs, pas un album fait dans une seule pièce.
Et puis il y a l’ambition. On ne s’inflige pas deux ans d’écriture et 50 titres pour sortir un projet tiède. Ça ne colle pas avec elle.
Mes paris (assumés) sur l’album
Je prends un risque, mais c’est ce qui rend ça intéressant. Je pense qu’on va vers un disque plus “édité”, moins dans l’empilement de références, plus dans la précision émotionnelle. Pas forcément plus calme, mais plus net.
Et vu son planning d’actrice, je m’attends aussi à une campagne pensée pour la scène, pas juste pour le streaming. Elle a déjà dit ailleurs vouloir créer des moments live qui restent. Ça se prépare maintenant, en studio.
- Un album qui privilégie la cohérence plutôt que l’étalage de styles.
- Une identité visuelle plus “skin”, plus directe, si le virage naturel se confirme.
- Une annonce de collaboration majeure, une fois le timing verrouillé par la prod et le cinéma.
Ce que personne n’avait vraiment vu venir, c’est ça : Rina Sawayama est en train de se construire une réserve de musique assez large pour choisir sa meilleure version. Et quand une artiste de ce niveau commence à trier comme une chirurgienne, généralement, ça finit par un disque qui fait parler longtemps.