Révélation: et si le futur de l’Americana se jouait sur un saz microtonal? Rostam vient d’annoncer American Stories, un disque-tournant où l’identité irano-américaine devient moteur créatif, avec une surprise à chaque mesure.
Entre épopée intime et manifeste culturel, l’ex-Vampire Weekend signe une œuvre qui assume le frottement des mondes. C’est le détail qui change tout — et qui pourrait redessiner la carte sonore de 2024.
Rostam réinvente l’Americana à l’heure de la diaspora

Un double héritage transformé en langage musical
American Stories n’est pas un simple retour: c’est un nouveau vocabulaire. Rostam fait dialoguer guitares folk et harmonies à l’ancienne avec des modes persans et des microtons que la pop occidentale aborde rarement.
Le choc volontaire entre mélodies au saz et accords folk n’adoucit rien — il révèle. Ce « frottement » devient une source de tension et de beauté, une manière de raconter ce que signifie grandir entre deux imaginaires.
Des collaborations qui racontent l’Amérique d’aujourd’hui
Pour cette troisième aventure solo, Rostam s’entoure d’artistes qui incarnent, chacun à leur manière, une Amérique plurielle. À commencer par le guitariste irano-américain Amir Yaghmai (The Voidz), véritable fil rouge du disque.
- Clairo prête sa voix sur Hardy, morceau lumineux où la fragilité devient audace.
- Tobias Jesso Jr., songwriter Grammy-isé, signe des coécritures au grain classique et cinématographique.
- Autour d’eux, une garde rapprochée d’instrumentistes (cordes, bois, rythmes acoustiques) donne au projet une ampleur organique.
Publié sur Matsor Projects (via Secretly Distribution), American Stories affirme aussi l’indépendance d’un producteur qui sait exactement où il va — sans renier d’où il vient.
Ce qui change tout dans American Stories

Le son: microtons, saz et guitares folk
La promesse est claire: mettre « les éléments les plus iraniens face aux plus américains » et laisser la musique trancher. Résultat: une signature immédiate où la patine folk réchauffe la justesse microtonale venue d’ailleurs.
- Saz microtonal en contrepoint des accords folk — collision assumée, émotion accrue.
- Textures de cordes et bois qui font respirer l’espace entre les notes.
- Production tactile: room mics, prises « vivantes », sensation de groupe en mouvement.
C’est là le tournant: l’Americana n’est plus un genre fermé, mais un terrain d’accueil pour les timbres de la diaspora. Le disque devient une cartographie sensible.
Like A Spark: un manifeste en douceur
Premier extrait, Like A Spark avance à pas feutrés pour mieux hanter. L’écriture, tout en clair-obscur, dévoile la méthode Rostam: une intimité panoramique, taillée pour la nuit et les retours de route.
Ici, chaque inflexion microtonale ouvre une porte émotionnelle. On comprend alors pourquoi ce projet fait déjà figure de révélation: la modernité ne crie pas — elle murmure juste assez pour qu’on s’arrête.
American Stories: A Concert Film — l’album en images
Exclusif: le clip de Like A Spark est tiré d’American Stories: A Concert Film, une performance captée au mythique Sound City Studio A. Huit titres, un groupe de six, la caméra d’Antony Muse — et l’impression d’être au premier rang.
Ce film-concert, attendu ce printemps, met à nu le cœur du disque: pas d’esbroufe, juste la vérité d’un répertoire qui tient debout sans artifices. La preuve par la scène que ce langage hybride vit et respire.
Agenda: sorties, tournée et préventes
American Stories arrive le 15 mai, premier LP de Rostam depuis Changephobia (2021). Précommandes et pré-sauvegardes sont déjà ouvertes.
- Amérique du Nord — tournée au printemps (mai-juin), avec Henry Solomon, Elori Saxl et Zsela en première partie.
- Europe — 5 dates en septembre, ouverture au Village Underground (Londres), 8/09. Bad Actor en support (sauf une date).
- Prévente le mercredi 11 mars à 10h (heure locale). Vente générale le vendredi à 10h.
Objectif de cette tournée: porter American Stories au-delà du studio et tester, en direct, cette grammaire binationale. Une façon de rencontrer le public là où il écoute.
Les points clés à retenir
- 3e album solo de Rostam, et premier depuis 2021.
- Sortie le 15 mai via Matsor Projects / Secretly Distribution.
- Un pont entre Americana et musique persane (saz, microtons).
- Invités majeurs: Clairo (voix sur Hardy), Tobias Jesso Jr. (coécriture), Amir Yaghmai (guitares, ADN irano-américain).
- Single Like A Spark + concert film tourné à Sound City Studio A.
Pourquoi cet album touche juste
Parce qu’il parle de fierté autant que de doute, de transmission autant que d’invention. Le récit d’un artiste qui n’a plus à choisir entre deux mondes, et qui en tire une énergie neuve.
Et parce que la promesse n’est pas théorique: American Stories s’écoute avec le corps. On y danse des silences, on y garde des refrains, on y apprend d’autres intervalles.
À qui plaira American Stories?
- Aux curieux d’une pop de chambre qui ose l’aventure harmonique.
- Aux amoureux d’Americana prêts à accueillir d’autres couleurs.
- À celles et ceux qui suivent le producteur depuis Vampire Weekend, et qui attendaient un tournant personnel.
Pistes à surveiller de près
Like A Spark ouvre la voie, en clair-obscur. Hardy, avec Clairo, promet un jeu de regards entre voix fragiles et arrangement incandescent.
Et selon l’humeur: la pulsation introspective de The Road To Death, la gravité habitée de The Weight, la lumière changeante de Different Light. Autant de chapitres d’un même récit américain.
Conclusion: l’onde de choc d’un frottement heureux
American Stories n’est pas une parenthèse — c’est un axe. Celui d’une Amérique qui écoute enfin les intervalles nés ailleurs et s’y reconnaît.
La suite? Appuyer « play », puis réserver sa place. Et se souvenir que l’Americana, quand il respire, a parfois un parfum d’Iran. C’est la révélation de ce disque.