Et si la collab la plus improbable de 2026, c’était ça ? Les Rolling Stones qui lâchent un rock supersonique avec Robert Smith (The Cure), puis enchaînent avec un slow R&B tout en falsetto. Franchement, personne n’avait coché cette case.
En quelques heures, deux titres ont remis une question sur la table: jusqu’où les Stones peuvent encore se réinventer sans perdre leur ADN. Spoiler: ils ne s’excusent de rien, et c’est pour ça que ça marche.
« Divine Intervention »: le choc des guitares (et des mondes)

« Divine Intervention » arrive comme une porte qui claque. Tempo élevé, riff qui accroche tout de suite, et ce petit goût de chaos joyeux qu’on croyait réservé aux vieux lives du groupe. Sauf que là, y a un twist qui change tout: Robert Smith est à la guitare électrique.
Oui, Robert Smith, le prince du spleen. Le mec qui a mis des cathédrales de mélancolie dans les années 80 et 90. Le voir sur un titre des Stones, c’est un mini séisme pop.
Pourquoi ce feat fait autant parler
Parce que ce n’est pas “juste” une star invitée pour faire joli sur l’affiche. Sur « Divine Intervention », Smith apporte un grain, une tension, une façon de serrer les notes. Ça donne un rock plus nerveux, presque insolent.
Autre détail qui compte: Steve Winwood est aussi dans la pièce, crédité aux piano et orgue. Résultat, le morceau a ce côté tourbillon, comme si les Stones avaient remis un pied dans un studio de 1972 avec des outils d’aujourd’hui.
- Robert Smith à la guitare: une couleur plus tranchante, moins “classic rock” et plus électrique.
- Steve Winwood qui épaissit la texture: orgue, piano, ça remplit l’espace sans l’alourdir.
- Un choix de prod qui va droit au but: pas de gras inutile, ça file.
La petite histoire, très Stones, très humaine
Le plus savoureux, c’est la manière dont Mick Jagger raconte la rencontre en studio. Pas une grande stratégie marketing, pas un plan sur six mois. Plutôt un moment bizarre, presque comique, du genre: tu tournes la tête et tu vois un type en tenue longue, qui se retourne, couvert de rouge à lèvres”.
Et Jagger, fidèle à lui-même, résume la logique: « Tant que tu es là, autant faire quelque chose ». C’est brut. C’est spontané. Et c’est souvent là que naissent les meilleures idées.
« Jealous Lover »: Jagger en falsetto, et ça claque

Changement d’ambiance total. « Jealous Lover » n’est pas là pour prouver que le groupe sait encore faire du rock rapide. Il est là pour rappeler autre chose: les Stones ont aussi le R&B dans le sang.
Jagger attaque en falsetto, sur une rythmique soyeuse, très “night drive”, puis revient à son registre grave pour mordre dans les mots. Le morceau joue sur la jalousie, la possessivité, ce moment où l’amour devient surveillance. C’est moderne, même si le thème est vieux comme le monde.
Des paroles qui visent juste
Le texte raconte ce basculement où la promesse de liberté se transforme en interrogatoire. Un café, un regard, et soudain: “Tu étais où vendredi soir ?”. On visualise la scène, ça sent le quotidien qui déraille.
Et quand Jagger lâche l’idée du “jealous lover” avec cette image de mante religieuse, il met le doigt sur un truc: la jalousie, c’est rarement romantique. C’est souvent une prise de pouvoir déguisée.
- Voix: falsetto au départ, puis retour au grave pour accentuer la menace.
- Claviers: Winwood est encore là, cette fois au Rhodes et à l’orgue, et ça donne ce velours R&B.
- Groove: propre, serré, pas démonstratif, mais addictif.
Un clip qui joue la carte “cinéma”
Le morceau est accompagné d’un clip avec Anya Taylor-Joy et Charles Melton. Casting très 2026, très plateforme, très culture pop. Et ce n’est pas un hasard: la vidéo est annoncée en diffusion exclusive sur Amazon Music.
La réalisation est signée Chris Barrett & Luke Taylor, connus pour des projets liés à Radiohead ou Jack White. Là encore, on sent la volonté de ne pas faire un simple “clip de légende”. Ils cherchent une vraie esthétique, plus narrative, plus tensionnelle.
« Foreign Tongues »: un album pensé comme un terrain de jeu
Les deux titres ne sortent pas de nulle part. Ils servent de nouvelles fenêtres sur le 25e album studio des Rolling Stones, « Foreign Tongues », annoncé pour le 10 juillet via Polydor/Universal Music.
Et ce qui frappe, c’est le casting XXL, mais utilisé avec une logique: pas de “name-dropping” gratuit. Chaque invité semble être là pour une fonction sonore précise, un angle, une texture.
Les invités et les retours qui pèsent lourd
On sait déjà que l’album embarque des contributions de Paul McCartney et de Chad Smith (Red Hot Chili Peppers). Et surtout, détail qui serre un peu la gorge: Charlie Watts est annoncé sur le disque.
Ce point-là, je le prends au sérieux. Parce que Watts, ce n’était pas “juste” un batteur. C’était l’éthique du groove, le placement parfait, le mec qui ne jouait jamais trop. Le savoir présent sur « Foreign Tongues », c’est une manière de garder la colonne vertébrale du groupe dans la pièce.
Ce qu’on sait déjà du contenu
Le disque inclura aussi des morceaux déjà sortis, « Rough And Twisted » et « In The Stars », plus une reprise qui fait lever un sourcil: « You Know I’m No Good » d’Amy Winehouse. Choix risqué, donc intéressant.
- Date de sortie: 10 juillet.
- Album: « Foreign Tongues », 25e album studio.
- Déjà connus: « Rough And Twisted », « In The Stars ».
- Reprise annoncée: Amy Winehouse, « You Know I’m No Good ».
Le vrai tournant: les Stones racontent tout en podcast
Autre annonce qui dit beaucoup de l’époque: un podcast officiel, « Speaking In Tongues », prévu sur six épisodes. Pas juste un bonus pour fans hardcore. Plutôt une manière de contrôler le récit, et de donner du contexte à une création ultra commentée.
Au micro, on devrait entendre le producteur Andrew Watt, mais aussi Robert Smith et Steve Winwood. Et même l’artiste de la pochette, Nathaniel Mary Quinn. Ça, c’est malin: on parle musique, mais aussi image, intention, fabrication.
Pourquoi ce format colle parfaitement à 2026
Parce qu’aujourd’hui, un album n’existe plus seulement par ses pistes. Il existe par son making-of, ses débats, ses petites scènes de studio, ses accidents heureux. Et les Stones l’ont compris. Ils ne courent pas après les tendances, ils les absorbent à leur façon.
Mon avis: ce duo avec Robert Smith n’est pas un gadget
Je vais être cash: j’avais peur du feat “musée”, du truc qui sent la réunion de légendes pour faire une photo. « Divine Intervention » prouve l’inverse. Smith n’est pas là pour faire joli, il est là parce que son jeu apporte un relief immédiat.
Et « Jealous Lover » rappelle une évidence qu’on oublie trop: quand les Stones se posent sur un groove R&B, ils peuvent être redoutables. Pas parce qu’ils essayent d’être jeunes. Parce qu’ils savent raconter des histoires de désir, de contrôle, de contradiction, et ça ne vieillit pas.
Le détail qui change tout, c’est cette impression d’appétit. Pas de nostalgie molle. De la curiosité. Et à ce niveau-là de carrière, c’est presque insolent.