Ce que personne n’avait vu venir : Geese transforme un classique mancunien en déclaration d’intentions, et vient d’annoncer en live un véritable tournant. Entre hommage appuyé, révélation psyché et set dopé à l’adrénaline, la bande new-yorkaise signe une nuit où la surprise devient une stratégie.

Et si la relève new-yorkaise réécrivait Manchester ?

live band performance Manchester

À l’O2 Victoria Warehouse de Manchester, Geese a glissé, au cœur de “2122”, une version brève mais incendiaire de “Fool’s Gold” — le totem groovy des Stone Roses. Un clin d’œil local devenu rituel qui en dit long sur leur manière de converser avec l’histoire, sans jamais la citer mot pour mot.

La salle a basculé dès que la ligne de basse spiralée a pointé le bout du nez. Deux minutes d’ivresse, une tension de danse qui crépite, puis retour foudroyant au set — assez pour déclencher l’ovation, pas assez pour s’abandonner au pastiche.

Le clin d’œil qui fait vibrer la salle

Geese ne joue pas la carte du karaoke. Le groupe préfère greffer des textures à leur propre moteur rythmique, puis repartir aussi vite que c’est venu. Résultat : un pont express entre l’acid-house mancunienne et leur rock new-yorkais à angles vifs.

  • Un shuffle de batterie nerveux qui esquisse la patte Reni sans la calquer.
  • Des guitares liquéfiées qui se fondent dans leur grain abrasif.
  • Une montée/descente millimétrée pour maximiser l’impact émotionnel.
  • Un format éclair qui soigne la frustration et attise la curiosité.

Le détail qui change tout ? L’hommage n’est pas une parenthèse : c’est un levier narratif dans le set, taillé pour déclencher cris, stories et souvenirs.

Une tradition de reprises qui devient manifeste

rock band on stage

Ce n’est pas un coup isolé. Date après date, Geese s’amuse à entraîner “2122” vers une légende de la ville. À Glasgow, c’était “Movin’ On Up” de Primal Scream, repris sur scène puis salué par le groupe écossais sur les réseaux. Une passerelle générationnelle construite en temps réel.

Derrière la série d’hommages, il y a aussi un fil plus intime : le groupe a récemment salué la mémoire de Mani (Stone Roses/Primal Scream) lors des BRIT Awards 2026, où Geese a été distingué Best International Group. Entre respect et intensité, l’émotion dépasse la seule anecdote.

  • Stratégie live : un moment signature, attendu mais jamais identique.
  • Puissance sociale : clips courts, partageable, parfaits pour Reels et TikTok.
  • Dialogue culturel : New York serre la main de Manchester, Glasgow et au-delà.
  • Mémoire vivante : honorer les figures qui ont écrit la bande-son des villes.
  • Valeur ajoutée : l’hommage révèle la science du groove de Geese, souvent sous-estimée.

Le respect des ancêtres, la fringale d’avenir

Si ces reprises claquent autant, c’est qu’elles éclairent la méthode Geese : absorber des codes, les tordre, puis repartir à toute vitesse vers le futur. On comprend mieux leur obsession pour le contraste : mélodie contre chaos, mémoire contre invention.

“Apollo” et le virage psyché : ce que Geese vient de teaser

Au milieu de cette tournée, Geese a dégainé un nouveau titre, “Apollo”, à l’ADN psych-rock assumé. Les fans murmurent une surprise née de rencontres en Australie, où des membres du groupe auraient été aperçus en studio avec des musiciens de Tame Impala, Pond et King Gizzard & The Lizard Wizard — une révélation non confirmée qui, vraie ou pas, explique ce virage de son.

  • Basses élastiques et nappes hypnotiques, comme une piste d’atterrissage vers l’apesanteur.
  • Rythmiques motorik qui poussent vers la transe plutôt que le fracas.
  • Guitares en stroboscope : plus psychédéliques que bruitistes, sans perdre la nervosité.

Ce pivot s’imbrique dans la trajectoire ouverte par leur troisième album, “Getting Killed”, paru en septembre et sacré meilleur album de 2025 par NME. Un disque où les couleurs de Radiohead, Black Midi, The Strokes, Van Morrison et des chœurs ukrainiens se frôlent sans s’écraser : le chaos contrôlé comme marque de fabrique.

Pourquoi Manchester était le bon endroit

Rendre hommage à “Fool’s Gold” à Manchester, c’est toucher au noyau d’un groove qui a contaminé le monde. Le baggy, la pulsation acid, la nonchalance qui danse : exactement le langage qu’“Apollo” semble vouloir apprendre pour mieux le parler à sa manière.

Derniers billets et dates clés au Royaume-Uni

Geese enfonce le clou avec plusieurs rendez-vous britanniques. Si vous avez manqué Manchester, il reste des haltes où sentir ce tournant se préciser, entre hommages mordants et nouveautés qui s’installent.

  • 25 mars – Londres (O2 Forum Kentish Town) : énergie de capitale et ambiance de grand soir.
  • 26 août – Glasgow (Barrowland Ballroom) : terrain conquis, vibrations garanties.
  • 1er septembre – Londres (Troxy) : fin d’été en feu, parfaite pour tester de nouveaux titres.

Dernier conseil : arrivez tôt, car le groupe a pris l’habitude de dévoiler des extraits inattendus en plein set. Et si la prochaine surprise tombait au moment où vous le filmez ?

En bref, Geese ne collectionne pas les reprises : ils réinventent le contexte. À Manchester, la passerelle vers les Stone Roses n’était pas un trophée, mais un tremplin. Et c’est précisément ce qui rend leur ère actuelle imprévisible et exaltante.