Ce que personne n’avait vu venir : une Wolfgang qui ose marier précision chirurgicale et simplicité vintage. EVH Gear vient d’annoncer une Wolfgang Special rafraîchie qui crée la surprise avec un manche en érable torréfié et un choix clair entre Floyd Rose + D-Tuna ou chevalet TOM compensé avec micro‑réglages. Le résultat ? Un tournant pour une guitare culte, et un débat qui va faire parler.
La révélation : un pont fixe à micro‑réglages chez EVH

Pourquoi personne n’en parlait plus tôt ? Parce que sur une EVH, on s’attend d’abord à un Floyd. Et justement, la vraie nouveauté est ce TOM compensé avec tailpiece à fine-tuners qui offre la précision du blocage sans la complexité d’un vibrato.
Cela change tout pour celles et ceux qui veulent l’attaque franche, la résonance et les changements de cordes rapides, tout en gardant la justesse d’un système à micro‑réglages. La version Floyd, elle, conserve l’ADN pur jus EVH avec le D‑Tuna intégré pour passer en Drop D en une seconde.
Deux chevalets, deux tempéraments
- Floyd Rose + D‑Tuna : vibratos extrêmes, stabilité béton, Drop D instantané. Idéal pour les riffs tendus et les dive‑bombs sans compromis.
- TOM compensé à micro‑réglages : sensation plus directe sous la main droite, sustain généreux, réglage fin au tailpiece pour une justesse au poil. Parfait pour l’alternance rythmique/lead et les sets longs.
Dans les deux cas, vous gardez la même base sonore et ergonomique : on choisit donc l’outil, pas un autre caractère.
Ce qui change vraiment sous les doigts

La clé, c’est ce manche en érable torréfié (baked maple), quartersawn et renforcé graphite pour une stabilité de haut vol. Le fini satin urethane évite toute sensation collante même quand la scène chauffe.
La touche en érable torréfié adopte un radius composé 12″–16″ avec 22 frettes jumbo : accords confortables en bas, bends sans frictions en haut. Sobre et efficace, le repérage à incrustations dot garde le regard sur l’essentiel.
Micros et câblage : l’efficacité signée EVH
Pas de compromis sur le cœur du son. Les deux humbuckers EVH Wolfgang Alnico II sont montés en direct dans le corps pour une attaque plus sèche et une réponse immédiate aux dynamiques.
- Sélecteur 3 positions pour couvrir clair, crunch et high‑gain sans prise de tête.
- Potard volume EVH Bourns 500K low‑friction : swells fluides et violoning façon « Cathedral » à portée de main.
- Tone 250K high‑friction : résistance accrue pour éviter de couper des aigus par accident en plein chorus.
Le set se traduit par un grain musclé mais articulé, avec une compression juste ce qu’il faut pour sculpter des rythmiques nettes et des leads chantants.
Construction, finitions et détails qui comptent
Le corps en tilleul (basswood) fournit l’équilibre attendu entre médiums présents et aigus polis, souligné par un binding simple discret. Les mécaniques EVH scellées assurent la tenue d’accordage sur la durée.
Look cohérent mais volontiers clivant, les têtes des versions Floyd sont peintes (assorties ou contrastées selon la finition), tandis que les modèles TOM Baked Maple gardent une tête naturel qui laisse parler le veinage. Les contours et chanfreins ergonomiques restent dans l’esprit Wolfgang : confort de jeu immédiat.
Côté finitions, EVH propose des teintes à forte personnalité : Smoked Mesquite, Caution Yellow, Ivory, Stealth Black et Gloss Black. Accastillage chrome sur Smoked Mesquite et Ivory, noir sur le reste. Un gig bag EVH Striped Series est inclus.
Tarifs et disponibilité
La grille reste agressive pour une guitare de ce niveau de performance : 1 299 £ / 1 499 $. À ce tarif, on obtient un instrument prêt pour la scène, pensé pour jouer fort, souvent et longtemps.
Pourquoi cette évolution est un tournant
La surprise n’est pas seulement esthétique. Le TOM à micro‑réglages ouvre la Wolfgang à des guitaristes qui évitaient le Floyd par pragmatisme, sans renoncer au pitch précis sur scène.
Inversement, les puristes EVH retrouvent leur royaume avec le Floyd + D‑Tuna, pensé pour passer de standard à Drop D entre deux refrains. Une dualité assumée, et une révélation pour une guitare signature qui s’adresse à plus de mains.
Quel modèle pour quel guitariste ?
- Vous jouez souvent en Drop D, adorez les dive‑bombs et les trémolos fluides : choisissez la version Floyd + D‑Tuna. Vous gardez la stabilité tout en multipliant les effets.
- Vous privilégiez la justesse, le sustain et la simplicité (réglages rapides, changements de cordes en loge) : optez pour le TOM à micro‑réglages. Vous gagnez en efficacité sans perdre la précision.
- Vous alternez rythmique nerveuse et leads chantants : dans les deux cas, misez sur les Wolfgang Alnico II et le volume low‑friction pour modeler la dynamique en direct.
L’insight que peu soulignent
Le montage direct des humbuckers ne sert pas uniquement l’attaque. Il renforce la lisibilité en saturation, utile quand on empile compresseur, overdrive et high‑gain. Moins de larsen parasite, plus de focus.
Couplé au radius 12″–16″, on gagne des bends propres et des accords ouverts qui ne bavent pas. Pour le live, c’est le genre de détail qui change tout dans un mix chargé.
Notre verdict
La nouvelle Wolfgang Special signe un tournant intelligent : deux chemins, une même colonne vertébrale. L’ergonomie, le manche en érable torréfié et l’électronique pensée pour agir vite mettent l’accent sur l’essentiel : jouer sans lutter.
Ce refresh n’est pas un simple lifting, mais une réponse claire à deux cultures de guitaristes. Et si la meilleure « signature » d’Eddie restait justement ce pragmatisme de scène qui fait gagner des minutes, de l’aisance et de l’inspiration ? Exclusif dans l’esprit, universel dans les mains.