Et si le « syndrome de l’imposteur » était le nouveau superpouvoir du rock ?
Révélation et tournant pour Kasabian: le groupe vient d’annoncer son neuvième album, Act III, porté par un single incandescent, Great Pretender. Loin d’un aveu de faiblesse, Serge Pizzorno transforme le doute en carburant créatif — et le résultat pourrait bien rallumer la flamme des grandes messes de guitares.
Après une parenthèse plus club avec la collaboration ponctuelle Release The Pressure (avec Calvin Harris), Kasabian revient au cœur de son ADN. Et la surprise, c’est la frontalité: riffs larges, refrains fédérateurs, énergie de terrain vague — le tout réglé pour l’été.
La guitare reprend la main: un pari assumé

Le signal est clair: Great Pretender annonce un album où la guitare est à l’avant-plan. Pas d’artifice, mais des couches qui mordent, accélèrent et retombent en chœurs massifs.
Ce retour aux cordes ne renie pas les explorations électro du groupe. Il les cannibalise pour mieux booster l’impact live et viser droit au cœur des festivals.
- Son signature: fuzz maîtrisé, batterie ancrée, basse musclée, et un chant conçu pour les « mains en l’air ».
- Écriture immédiate: un sens du hook qui surgit « à chaud », comme un éclair — brut mais précis.
- Festival-ready: breaks taillés pour les chœurs, ponts qui appellent les sauts, codas expansives.
- Production nerveuse: peu de gras, beaucoup de nerf; l’efficacité prime sur l’ornement.
Du studio à la fosse: l’effet « rassemblement »
La promesse d’Act III, c’est l’union par le volume. Les structures maximalistes visent ces deux minutes critiques où une foule passe de l’écoute au lâcher-prise.
Kasabian a bâti sa légende sur ce moment. Ici, il redevient le centre de gravité de l’album.
L’« imposteur » comme boussole créative

Serge Pizzorno ne cache pas la sensation de marcher au bord du vide. Mais il en fait une méthode: quand l’adrénaline grimpe, les idées les plus vraies percent.
Ce « now or never » qu’il décrit n’est pas de la posture: c’est un outil pour trancher dans la matière et écrire sans filtre. Moins de certitudes, plus de présence.
- Prise de risque contrôlée: viser la note qui tremble plutôt que la note parfaite — parce que c’est là que naît l’émotion.
- Urgence utile: décider vite, enregistrer frais, capturer l’étincelle avant qu’elle s’évapore.
- Humilité productrice: accepter l’inconfort pour éviter les automatismes d’un 9e album.
- Connexion scénique: parler au public « d’égal à égal », sans vernis, pour créer un chœur commun.
De l’outsider au frontman
Le « complexe d’imposteur » de Pizzorno s’ancre dans une trajectoire singulière: écrivain-compositeur historique du groupe, il a pris le micro principal et a dû réapprendre ses propres codes.
Loin de la crispation, il revendique l’énergie de l’underdog. Cette tension — prouver, encore — infuse Act III d’une combativité rare.
Ce que promet Act III: date, morceaux et cap esthétique
Act III est annoncé pour le 17 juillet. Un choix estival assumé qui confirme l’ambition: reprendre les scènes et galvaniser les foules.
La feuille de route recentre la discographie récente. Après l’échappée club avec Calvin Harris, place au riff qui tape et au refrain qui colle.
- Single-phare: Great Pretender, étendard guitare, conçu pour les grandes scènes.
- Élan précédent: Hippie Sunshine, envoûtement solaire qui a pavé la voie à ce virage plus mordant.
- Parenthèse dance: Release The Pressure, clin d’œil électronique « one-off » — utile pour mieux mesurer le retour aux basics.
- Ambition live: arrangements resserrés pour maximiser l’impact sans multiplier les pistes.
Premières écoutes: comment aborder la tracklist
Commencez par Great Pretender pour jauger le périmètre: riff d’ouverture, montée frontale, refrain-slogan. C’est le mode d’emploi sonore d’Act III.
Poursuivez avec Hippie Sunshine pour la lumière, puis revenez à la rugosité. Enfin, revisitez Release The Pressure pour apprécier la différence de densité et d’intention.
Pourquoi ce disque peut rallumer la flamme des festivals
Après des saisons dominées par les textures électroniques, le public réclame des moments collectifs simples et puissants. Des chants qu’on apprend en trente secondes. Des riffs qu’on reconnaît en trois.
Kasabian comprend ce langage. Act III réactive ce « lexique physique »: tempo qui soulève, chaleur analogique, mots-clés scandables.
- Communion immédiate: structures prévisibles mais jamais faciles, pensées pour élargir le cercle au fil du morceau.
- Économie d’effets: peu de gadgets, de la sueur — l’énergie vient du groupe, pas des plug-ins.
- Signature vocale: un timbre plus frontal, moins distant, qui guide sans écraser.
- Chœurs organiques: lignes simples, harmonies épaisses; idéal pour transformer un public en chœur.
Le détail qui change tout
Act III ne copie pas les premiers chapitres de Kasabian; il les recontextualise. La modernité n’est pas dans l’empilement, mais dans la clarté des intentions.
Quand le doute devient cap, le rock retrouve son urgence. C’est là que ce disque peut surprendre durablement.
Verdict provisoire: un « maintenant » qui sonne vrai
Sans renier ses détours, Kasabian livre une révélation: la guitare comme étendard, le syndrome de l’imposteur comme boussole, et un album pointé vers la foule. Act III a tout d’un disque de scène avant l’heure.
Rendez-vous le 17 juillet pour vérifier sur pièces — et, peut-être, pour crier ce refrain avec des inconnus devenus alliés.