Et si un film d’animation pouvait panser un deuil collectif ?

Révélation: Gorillaz vient de livrer une œuvre qui bouscule autant les yeux que le cœur. Un court-métrage de 8 minutes sert d’écrin à The Mountain, leur neuvième album, et ouvre un tournant dans leur univers.
Pourquoi personne ne parle assez de la façon dont un groupe virtuel peut transformer la perte en musique vivante ? La réponse se cache dans un voyage, quelque part entre l’Inde et une grotte baignée de lune.
Un tournant visuel et spirituel
Le film, dirigé par Jamie Hewlett et co-créé avec Max Taylor et Tim McCourt du studio londonien THE LINE (nommé aux BAFTA), fait plus que prolonger l’esthétique Gorillaz: il la réenchante. Ici, l’animation devient rituel, le décor une carte intérieure.
Sorti le 27 février via leur label Kong, l’album The Mountain s’imbrique au récit comme une bande-son de guérison. On y retrouve Murdoc, Russel, 2D et Noodle qui tournent le dos à l’hyper-visibilité pour renouer avec le pouls du monde.
Ce que raconte le court-métrage — sans spoiler
La caméra s’ouvre sur une nature chaude et bruissante, clin d’œil à nos souvenirs d’enfance, avant de glisser vers une caverne lunaire et une divinité mélancolique. L’effet est immédiat: l’errance devient apprentissage, la danse devient prière.
- Un road-movie mystique porté par les quatre avatars — Murdoc, Russel, 2D et Noodle — à la recherche d’une « musique-source ».
- Une Inde magnifiée, non pas carte postale, mais matrice rythmique qui infuse le tempo et les couleurs.
- Des transitions image-musique millimétrées qui transforment chaque plan en battement de cœur.
La bande-son qui parle aux ancêtres

Surprise et émotion: fidèle à son thème de deuil et de renaissance, le projet convoque des voix qui résonnent au-delà du temps. Un hommage vibrant, rarement osé avec autant de pudeur.
- Tony Allen (pionnier afrobeat)
- Mark E. Smith (The Fall)
- Proof (D12)
- Dennis Hopper
- Bobby Womack
- Dave “Trugoy” Jolicoeur (De La Soul)
Autres présences en filigrane: IDLES, Sparks, Yasiin Bey, Gruff Rhys, Paul Simonon (The Clash), Anoushka Shankar et Johnny Marr. Une constellation rare, pensée pour servir l’histoire plutôt que l’affiche.
Pourquoi c’est un « tournant » pour Gorillaz
Gorillaz ne se contente plus d’empiler les feats: il orchestrent un monde où chaque élément — film, album, avatars — converse avec les autres. Le groupe assume une grammaire transmédiatique mature.
- Immersion totale: film + album s’emboîtent comme une légende moderne.
- Ouverture culturelle: les textures indiennes (rythmes, timbres) nourrissent l’écriture sans l’exotiser.
- Mémoire vivante: les voix disparues deviennent phares, pas reliques.
- Signature visuelle: l’alliance Hewlett x THE LINE haus se l’animation au rang de narration.
Le détail qui change tout
Ce n’est pas qu’un album sur la perte, c’est une méthode pour apprendre à rester en vie. En quittant le vacarme de la célébrité, la bande redécouvre l’outil premier: l’écoute.
Résultat: une écriture plus poreuse, des silences qui comptent, et des beats qui semblent respirer. La montagne du titre n’est pas un lieu: c’est un état.
Où voir et quoi écouter en premier
Le court-métrage est disponible via les canaux officiels du groupe. L’idéal: casque sur les oreilles, téléphone en mode « Ne pas déranger », et laissez la lumière bleue du film vous happer.
- Commencer par le morceau-titre The Mountain pour goûter l’axe émotionnel du projet.
- Poursuivre avec les titres où se croisent Anoushka Shankar et Johnny Marr pour sentir le dialogue cordes-guitares.
- Ne pas manquer les passages avec IDLES et Yasiin Bey, moteurs d’énergie contrastée.
La route continue: scènes et écrans
Le groupe a lancé sa nouvelle ère en live à Los Angeles, avant d’embrayer sur une tournée au Royaume-Uni et en Irlande en mars. Point d’orgue: un show unique au Tottenham Hotspur Stadium le 20 juin.
En guise d’échauffement, des concerts à Bradford poseront le décor. L’été prolongera la fête sur les scènes d’Electric Picnic, Primavera Sound (Barcelone et Porto) et Rock Werchter.
Écrans: la prise d’assaut
Gorillaz s’invite aussi au Saturday Night Live le 7 mars, avec Ryan Gosling à la présentation. Une vitrine parfaite pour mesurer l’impact du nouveau répertoire en direct.
Billetterie et infos pratiques: consultez les canaux officiels du groupe — certaines dates devraient partir en quelques minutes. Conseil: activez les alertes dès maintenant.
Ce que l’on retient — à partager
- Un court-métrage de 8 minutes qui transforme l’animation en rituel intime.
- Un album conçu comme chemin de guérison, enraciné dans l’Inde et l’écoute.
- Des voix posthumes utilisées avec grâce, non comme gimmick.
- Un horizon live ambitieux, du Tottenham Hotspur Stadium aux grands festivals européens.
Pourquoi vous en parlerez encore demain
Parce que ce projet n’est pas seulement beau: il est nécessaire. Il rappelle qu’au-delà des écrans et des algorithmes, la musique reste ce fil invisible qui nous relie — aux autres, aux absents, à nous-mêmes.
Et c’est peut-être ça, la vraie révélation: au pied de la montagne, on n’est jamais seul.