Manchester reprend la main : un BRITs au tournant

Et si une ligne de basse pouvait réécrire l’histoire ? Aux BRITs 2026, la réponse a résonné depuis Manchester comme une évidence. Dans une soirée déjà placée sous le signe de la révélation et de la surprise, un hommage vibrant a fait basculer l’émotion collective : celui rendu à Gary “Mani” Mounfield, figure tutélaire de The Stone Roses et Primal Scream.
Ce n’était pas un simple rappel au passé. C’était un tournant assumé : pour la première fois, la cérémonie s’est installée au Co-op Live, à Manchester, loin des habitudes londoniennes. Un détail ? Non : le détail qui change tout, tant cette ville a façonné la musique britannique. Et c’est là, au cœur de son territoire, que l’esprit de Mani a illuminé la salle.
Pourquoi ce moment a frappé si fort
- Un lieu symbolique : Manchester, berceau de la révolution Madchester, a accueilli des BRITs en quête de sens.
- Un héros discret : Mani, bassiste devenu mythe, a rappelé que la base rythmique peut être la véritable mélodie.
- Un hommage fédérateur : artistes, fans et même le monde du sport ont salué une même légende.
Mani, le battement secret qui unit des générations

Disparu en novembre 2025 à l’âge de 63 ans des suites de problèmes respiratoires, Mani a laissé derrière lui bien plus que des disques. Il a laissé une manière d’écouter la musique autrement, en faisant de la basse le moteur de l’émotion. Ses funérailles à la Manchester Cathedral, en présence de Liam Gallagher, Paul Weller ou encore Ian Brown, ont confirmé l’ampleur d’une influence qui dépasse les frontières de la scène.
Durant la séquence In Memoriam, Tim Burgess (The Charlatans) a trouvé les mots justes, sobres et lumineux, pour rappeler combien Mani a inspiré des générations entières. Sans emphase inutile, il a rappelé l’évidence : son héritage vit dans les chansons, dans ces lignes de basse qui semblent respirer à la place de la batterie, porter la guitare et guider la voix.
L’hommage de Tim Burgess : simplicité, intensité
- Un témoignage d’ami : Burgess a replacé Mani au centre de ce que Manchester a de plus précieux — sa communauté.
- Un héritage clair : des titres gravés dans la mémoire collective et une énergie inépuisable devenue signature.
- Un appel au souvenir actif : se souvenir non pour pleurer, mais pour transmettre.
La trace de Mani dans la pop culture : des stades aux scènes
Les hommages se sont multipliés ces derniers mois. My Bloody Valentine a dédié son retour sur scène à sa mémoire. Oasis a repris Live Forever en pensant à lui. Richard Ashcroft a fait vibrer She Bangs The Drums d’une émotion nouvelle. Même Manchester United a salué le musicien avant un choc face à Arsenal, avec des vestes floquées “Mani 1” — un geste rare, qui dit tout du lien entre musique et fierté locale.
Aux BRITs, un autre clin d’œil venu de la scène internationale a rappelé la portée du message : les Geese ont glissé un mot pour Mani en recevant leur prix, preuve que son nom résonne bien au-delà de l’Angleterre. Là encore, un fil invisible : celui d’une influence transversale, des clubs aux arènes, des fans d’hier aux artistes de demain.
Ce que personne n’avait vu venir : Manchester, personnage principal
On attendait des performances, des trophées, des discours léchés. On a reçu un récit de ville. En déplaçant la cérémonie à Manchester, les BRITs viennent d’annoncer un futur où la pop britannique assume ses racines régionales. Et dans ce récit, Mani n’est pas une note de bas de page : il est le battement qui relie les époques.
- Une géographie culturelle rééquilibrée : sortir de Londres, c’est reconnaître d’autres centres de gravité.
- Un deuil partagé : la cérémonie a transformé la perte en énergie collective.
- Un modèle d’inclusion : l’hommage a rassemblé rock, pop, indie et fans de foot sous une même bannière.
Comprendre l’empreinte Mani : 5 lignes de basse à (re)découvrir
Pour mesurer l’impact de Mani, rien ne vaut l’écoute. Voici des pistes où la basse ne soutient pas la chanson : elle la raconte.
- The Stone Roses – Elephant Stone : un motif circulaire qui transforme l’humeur en mouvement.
- Made of Stone : une ligne à la fois lourde et mélodique, colonne vertébrale du morceau.
- She Bangs The Drums : la basse entraîne la guitare — et non l’inverse.
- Fools Gold : la synthèse late-80s dance rock, groove hypnotique en 4 minutes.
- Primal Scream – Movin’ On Up (live era) : le témoignage d’une basse qui sait élargir l’horizon d’un groupe.
Ce que Mani a légué aux jeunes artistes
Au-delà des morceaux, Mani a laissé une boussole. Sa basse n’impose jamais, elle propose. Elle n’écrase pas la chanson, elle l’ouvre. C’est cette philosophie qui explique pourquoi tant d’artistes citent son influence, parfois sans même s’en rendre compte.
- Écouter l’espace : laisser respirer le morceau, puis occuper le bon interstice.
- Jouer pour le collectif : privilégier le pocket au solo, l’intention au geste.
- Oser la mélodie : une basse peut chanter — et donner l’axe émotionnel.
Le mot de la fin : une basse, une ville, une mémoire
L’hommage de Tim Burgess a cristallisé une intuition partagée : Mani a changé la façon dont on comprend le rythme. Et si l’on retient tant ce moment, c’est que Manchester elle-même a servi d’amplificateur, rappelant au pays que les mythes se forgent loin des capitales, dans les villes qui transforment l’ordinaire en légende.
Les BRITs 2026 ne seront pas uniquement rappelés pour leur localisation inédite. Ils marqueront l’instant où l’on a compris qu’une cérémonie peut être un devoir de mémoire et un acte de transmission. Mani n’a pas seulement influencé une scène : il a offert une manière d’habiter la musique — avec générosité, sourire et cette enthousiasme contagieux qui continue d’allumer les foules.
À retenir (et à partager)
- Mani (1962-2025) : bassiste clé de The Stone Roses et Primal Scream, disparu en novembre à 63 ans.
- BRITs 2026 à Manchester : une première historique qui rééquilibre la carte culturelle.
- Hommage de Tim Burgess : sobriété, intensité, et un rappel puissant de l’héritage de Mani.
- Hommages multiples : de MBV à Oasis, d’Ashcroft à Manchester United — une influence qui dépasse la musique.
- Leçon durable : la basse peut mener, rassembler et faire durer une chanson bien au-delà de sa dernière note.