Et si le futur de la pop ne se jouait plus en festival, mais dans une salle moite de Williamsburg, à deux mètres des fans ? Vendredi 10 juillet, Charli XCX a débarqué à Brooklyn pour un pop-up gig intimiste, et franchement, on a senti un tournant.
Pas juste parce qu’elle a chanté des morceaux inédits. Le truc, c’est l’énergie: une écoute collective, presque une séance de test grandeur nature, où chaque refrain sert de baromètre. Et quand on sait que l’album “Music, Fashion, Film” sort le 24 juillet, ça donne un tout autre goût à la soirée.
Un concert surprise, mais un message très clair

Le décor: Music Hall of Williamsburg, Brooklyn. Une salle qui a vu passer des dizaines d’artistes en mode “je reviens à l’essentiel”, sans paillettes inutiles, juste le son et la sueur.
Charli a fait pareil. Pas de long préambule. Elle ouvre fort avec trois live debuts tirés de “Music, Fashion, Film”: “Playboy Bunny”, “SS26” et “Camera”. Trois titres qui, sur scène, ne racontent pas la même histoire que dans un casque.
Pourquoi ce format pop-up lui va si bien
Je vais être cash: Charli en grande scène, c’est puissant. Mais Charli en petit comité, c’est dangereux. Elle capte les micro-réactions, elle accélère quand ça mord, elle laisse respirer quand ça plane.
Et ça s’entend sur ces nouveaux morceaux, calibrés pour frapper vite. Les basses font bouger la nuque, pas besoin de réfléchir.
- Proximité: tu vois les regards, tu sens les transitions, tu comprends où elle veut t’emmener.
- Test en conditions réelles: un refrain qui ne décolle pas, tu le sais en 10 secondes.
- Mythe instantané: le concert n’est pas “annoncé”, il circule, il se partage, il devient une preuve que tu y étais.
Les nouveaux titres de “Music, Fashion, Film” prennent une autre dimension en live

Sur le papier, “Music, Fashion, Film” promet déjà un casting et une esthétique. En live, on a surtout entendu une obsession: le mouvement. Les titres ont l’air pensés pour être vécus, pas collectionnés.
Au milieu du set, elle lâche aussi un autre inédit: “Take Away the Music”, joué pour la première fois. Et là, petit frisson. Parce que ce titre, rien qu’avec son nom, ressemble à une provocation adressée à l’époque, celle où tout le monde “fait du contenu” mais où peu de monde ose encore faire mal au cœur.
“SS26”, “Camera”… le style Charli, mais avec une précision 2026
“SS26” a un côté runway, évident. Tu l’imagines déjà dans une vidéo verticale, cuts rapides, flashs, lookbook. C’est probablement le morceau qui parle le plus au titre de l’album, ce mix de pop et d’imagerie.
“Camera”, lui, joue sur l’obsession du regard. Et sur scène, ça se transforme en jeu de miroirs: tu filmes, elle te filme en retour, même sans téléphone. C’est ce genre de chanson qui devient un meme sonore, et pas juste une track.
- “Playboy Bunny”: une entrée agressive, presque insolente, parfaite pour ouvrir un set.
- “SS26”: l’esthétique avant tout, mais avec un beat qui cogne vraiment.
- “Camera”: une ambiance plus hypnotique, qui donne envie de revoir des extraits en boucle.
- “Take Away the Music”: l’inédit qui intrigue, et qui pourrait devenir le morceau “culte” du disque.
Les guests: fan-service, oui, mais surtout une vision de scène
Le concert n’a pas seulement été un défilé de nouveaux titres. Il a eu des invités, et pas au hasard. On a vu Underscores, Kim Petras et Clairo. Trois présences, trois couleurs, trois façons de dire “Charli sait exactement quelle pop elle défend”.
Underscores: le nerf internet, sans cynisme
Underscores monte en premier et interprète “Music” avec Charli. Ça colle: même ADN online, même sens des textures, mais sans posture froide. Le genre de featuring qui ne fait pas “opération”, plutôt “évidence”.
Kim Petras: l’impact immédiat
Ensuite, Kim Petras débarque pour “Jeep”. Là, c’est plus frontal. On est dans l’efficacité, le refrain qui vise la foule, et ça marche parce que la salle est petite. Personne ne peut se cacher.
Clairo et “Sofia”: le moment doux au milieu du chaos
Et puis il y a Clairo avec une reprise de “Sofia”. Ce choix est malin: c’est connu, c’est chantable, ça crée une respiration. Tu vois des gens sourire, lever les mains, et soudain la soirée ressemble à un souvenir d’été.
Une setlist qui relie les époques, du “Brat” mindset aux classiques
Ce qui m’a frappé, c’est l’équilibre. Charli n’est pas venue “vendre le prochain album” comme on déroule un pitch. Elle a relié les points.
Dans les favoris du public, elle pioche “Anthems”, “Pink Diamond”, “party 4 u” et aussi “Apple” (côté “Brat”). Et pour finir, elle ferme avec “Wink Wink” et “Rock Music”, deux singles déjà identifiés comme piliers du disque à venir.
Le détail qui m’obsède: l’ambiance “house party” assumée
Un extrait qui a tourné montre des gens sur scène pendant “Rock Music”, en train de danser, boire, discuter, comme si c’était un salon. Ce n’est pas anodin. C’est une déclaration: la pop n’a pas besoin d’être “sacrée” pour être intense.
Et en 2026, c’est presque politique. Parce qu’on vit une époque où tout est scénarisé. Là, tu sens du lâcher-prise, du vrai.
“Music, Fashion, Film”: ce qu’on comprend (déjà) avant la sortie du 24 juillet
On sait que l’album contient des singles comme “Wink Wink”, “Rock Music” et “SS26”, et qu’il doit sortir le 24 juillet. Mais ce concert apporte autre chose: une lecture.
Le titre “Music, Fashion, Film” pourrait sonner comme un concept un peu “moodboard”. Sauf qu’en live, ça ressemble plutôt à un manifeste de méthode: faire de la musique qui pense comme la mode (silhouettes, hooks visuels) et qui se regarde comme un film (scènes, tension, plans).
Le teasing qui met la puce à l’oreille
Charli a aussi lâché une phrase sur une possible “deuxième version” de l’album, en parlant d’une vibe différente. Ça sent le scénario à la deluxe, ou à la version alternative, mais pas juste des remixes posés là. Plutôt une autre porte d’entrée.
Et si c’était ça, le vrai jeu: sortir un disque qui vit en plusieurs montages, comme un film avec director’s cut ? Honnêtement, je signe.
Pourquoi Brooklyn était l’endroit parfait pour ce “tournant”
Brooklyn, c’est le terrain des croisements. Pop, indé, club, internet culture, tout se percute ici depuis des années. Faire un pop-up à Williamsburg, ce n’est pas juste “pratique”. C’est symbolique.
Ce concert dit: Charli ne court pas derrière les tendances, elle les organise. Et elle le fait en direct, devant des gens capables de repérer la moindre faute de goût en 5 secondes. Risqué ? Oui. Mais c’est exactement pour ça que ça fonctionne.
Si “Music, Fashion, Film” garde l’électricité entendue à Brooklyn, on risque d’avoir un album qui se vit autant qu’il s’écoute. Et ça, en 2026, c’est rare.