Et si le moment le plus “Liverpool” de 2026 n’était pas signé par un Liverpuldien ? Samedi soir, à Anfield, Foo Fighters a sorti une cartouche que personne n’attendait vraiment, une reprise lourde, moite, hypnotique, pile dans l’ADN de la ville.
Oui, Dave Grohl et sa bande ont rendu hommage à The Beatles chez eux, mais pas avec un tube gentil. Ils ont choisi “I Want You (She’s So Heavy)”, le morceau qui te colle au sternum et qui refuse de te lâcher.
Quand Anfield se transforme en Cavern géant

Deux dates, deux ambiances, un même sentiment, Liverpool n’avait pas envie d’un show “stade” classique. Je vais être franc, c’est justement pour ça que Foo Fighters marche ici, ils jouent grand sans faire les gros bras.
Le groupe est en pleine tournée européenne “Take Cover”, portée par l’album tout frais “Your Favorite Toy”. Et à Anfield, ce week-end du 25 et 27 juin 2026, l’histoire s’est écrite sur une pelouse où d’habitude ça chante pour le foot.
Pourquoi cette reprise Beatles n’est pas un clin d’œil “facile”
Là où beaucoup auraient dégainé “Hey Jude” pour faire pleurer tout le monde, eux ont pris le virage sombre. “I Want You (She’s So Heavy)”, c’est un choix de musiciens, pas de communicateurs.
Le truc, c’est que ce morceau parle à Foo Fighters. La répétition qui monte, la tension qui s’épaissit, l’impression que ça va exploser mais que ça continue encore… c’est exactement ce qu’un stade peut encaisser quand il est tenu par un vrai groupe.
- Hommage local sans tomber dans la carte postale.
- Un titre exigeant, long, lourd, pas “radio-friendly”.
- Un signal clair : à Liverpool, on respecte la musique, pas seulement la légende.
Liverpool, la ville où une reprise devient un test
À Liverpool, tu ne triches pas longtemps. L’histoire te regarde, et le public aussi. La moindre reprise Beatles peut sonner comme un karaoké géant si tu ne l’habites pas.
Et c’est là que la soirée bascule. À Anfield, la reprise n’a pas servi d’interlude nostalgique. Elle a eu l’effet inverse, elle a assombri l’air, comme si le stade se fermait sur lui-même, concentré, presque silencieux entre deux vagues d’applaudissements.
Le détail qui change tout, Grohl ne “fait pas” Liverpool, il la connaît

On parle souvent de Dave Grohl comme d’un frontman sympa, le pote idéal au bar. C’est vrai. Mais ce soir-là, on sent surtout un mec qui a grandi avec ces disques dans la tête.
Son lien avec l’univers Beatles n’est pas une pose. Grohl est proche de Paul McCartney, et l’anecdote a tourné partout, McCartney a même donné le tout premier cours de piano à sa fille. C’est intime, presque absurde tellement c’est “rock royalty”, mais ça dit quelque chose.
De Glastonbury à Anfield, une continuité, pas un coup
Ce n’est pas la première fois que les mondes se touchent. En 2022, Grohl avait rejoint McCartney sur la scène de Glastonbury. Ils avaient joué “I Saw Her Standing There” (Beatles) et “Band On The Run” (Wings).
À Anfield, on n’est plus dans la jam joyeuse. On est dans un morceau qui te regarde droit dans les yeux. Et ça donne une autre lecture, Foo Fighters ne rend pas hommage “au musée”, il parle au présent.
- 2022 : complicité live avec McCartney à Glastonbury.
- 2026 : hommage plus risqué à Liverpool, avec un titre dense.
- Même fil conducteur : jouer la musique comme un langage, pas comme un souvenir.
Un stade, des riffs, et l’esprit rock club qui colle à la peau
Le set, lui, reste construit pour frapper fort. Les grands classiques arrivent tôt, ça ne tourne pas autour du pot. “The Pretender” et “Learn To Fly” font partie de ces morceaux qui ont ce pouvoir bizarre, tu les connais par cœur et pourtant tu les chantes comme si tu venais de les découvrir.
Plus tard, le concert glisse sur une section plus posée, acoustique par moments, puis ça remonte. Et quand ça remonte, ça remonte vraiment.
Le moment “Mentos”, l’absurde qui résume Foo Fighters
Et puis il y a eu cette scène que seuls les concerts Foo peuvent produire, un fan déguisé en paquet de Mentos invité sur scène. C’est idiot, donc c’est parfait. Grohl lâche une phrase qui résume l’ADN du groupe, “quand des trucs comme ça arrivent, c’est la nuit de notre vie”.
Le fan chante, le stade rigole, et Grohl le renvoie vite dans la foule avec une vanne bien sentie. C’est cru, c’est direct, c’est vivant. Rien de glacé, rien de “formaté”.
Une setlist pensée comme une montée d’adrénaline
La setlist du deuxième soir ressemble beaucoup à celle du premier, avec ce côté “best-of + surprises”. Et honnêtement, c’est exactement ce qu’on attend quand on paye pour Anfield, du lourd, du chantable, et un ou deux virages inattendus.
Voici une sélection des titres joués à Liverpool, avec la reprise Beatles qui arrive tard, comme un coup de théâtre :
- “All My Life”, “The Pretender”, “Times Like These”
- “My Hero”, “Learn to Fly”, “Walk”
- “Monkey Wrench”, “Best of You”, “Everlong”
- “I Want You (She’s So Heavy)” (reprise The Beatles)
Ce que cette soirée dit du rock en 2026
On entend souvent que le rock “n’a plus sa place” dans les stades. Je n’y crois pas une seconde. Le rock a juste besoin de groupes qui savent tenir un espace énorme sans se déguiser.
À Anfield, Foo Fighters ne gagne pas parce qu’il y a des effets spéciaux partout. Il gagne parce qu’il y a des chansons, des riffs, et une présence. Et parce qu’à un moment précis, il a osé jouer un morceau Beatles pas confortable, pas “feel good”, mais puissant.
Pourquoi Liverpool a répondu présent
Parce que la ville reconnaît l’authentique. Tu peux venir de Seattle, de LA ou d’ailleurs, si tu respectes la culture, on te laisse entrer. Et là, clairement, ils ont été adoptés.
Ce que je retiens, c’est une image, Anfield qui avale un morceau sombre des Beatles et qui le recrache en chœur, comme si c’était un classique Foo. Ça, c’est rare. Et ça fait du bien.