33°C, du noir de la tête aux pieds, et un parc qui ressemble à un four. Et pourtant, The Cure a lancé sa tournée UK et Irlande 2026 à Cardiff comme si la météo n’existait pas.
Le détail qui change tout, ce n’est pas juste la chaleur. C’est la façon dont Robert Smith et sa bande ont transformé une journée étouffante en soirée collector, entre tubes évidents et choix de titres presque malicieux.
Cardiff, ouverture en mode “on y va quand même”

Mercredi 24 juin 2026, premier arrêt de la tournée à Blackweir Fields, dans le coin de Bute Park. La ville a connu un pic historique de 33°C (oui, en juin), et ça se sentait sur chaque mètre carré de pelouse.
Ce genre de contexte peut flinguer un concert. Là, ça a fait l’inverse. On a vu un public qui se serre les coudes, des gourdes partout, des éventails improvisés, et ce frisson bizarre, celui qui dit: “OK, on vit un truc.”
La scène, le parc, et cette ambiance de grand rendez-vous
Cardiff n’a pas accueilli un “simple” concert. C’était un lancement, donc un test grandeur nature. Son, rythme, setlist, énergie, tout était scruté, filmé, commenté en direct.
Et franchement, ce choix de démarrer à l’air libre, en plein été, avec une canicule qui cogne, c’est presque un statement. The Cure n’a jamais été un groupe tiède.
Les premières images qui tournent déjà partout
Les vidéos de fans ont capté ce que les mots rendent mal: l’union entre la nostalgie et le présent. Robert Smith qui reste Robert Smith. Les refrains chantés comme des hymnes, même quand tu as la bouche sèche.
On a aussi vu passer des réactions très Cardiff dans l’esprit: admiration totale pour l’engagement “goth noir sous le soleil”, et blagues sur “les goths en train de griller”. Ça a fait rire, mais ça dit bien à quel point la soirée était extrême.
La setlist: un best-of, mais pas seulement

Ce qui m’a frappé, c’est l’équilibre. Oui, le groupe a servi des classiques, ceux que tout le monde attend. Mais il a aussi glissé des titres plus sombres, plus physiques, qui collent au décor et à l’heure dorée qui tombe sur un parc brûlant.
Et puis il y a eu ce clin d’œil évident: “Hot Hot Hot!!!” au cœur d’une journée qui portait déjà le titre. Subtil? Pas du tout. Efficace? Totalement.
Les moments “hits” qui ont retourné le parc
Quand The Cure aligne des morceaux comme “Lovesong”, “Just Like Heaven” ou “Friday I’m In Love”, tu peux avoir 33°C ou 13°C, c’est pareil. Les gens oublient leurs épaules collantes. Ils chantent. Ils sourient. Ils se reconnaissent.
Et ce n’est pas une formule. Sur ce type de date d’ouverture, les tubes jouent un rôle précis: ils rassurent, ils fédèrent, ils mettent tout le monde sur les mêmes rails.
- “In Between Days” et “Just Like Heaven”: la bascule vers l’euphorie pure.
- “Friday I’m In Love” et “Close to Me”: le moment où le parc devient un chœur géant.
- “Boys Don’t Cry” et “Why Can’t I Be You?”: l’énergie punk-pop, directe, sans discussion.
Les choix qui collent à la chaleur (et à l’orage intérieur)
Ceux qui connaissent The Cure savent que le groupe adore jouer avec l’atmosphère. Là, c’était presque une mise en scène involontaire: soleil brutal, sueur, noir, et des titres comme “Prayers for Rain” qui sonnent comme une incantation.
“Burn”, aussi, prenait une autre couleur. Dans l’air chaud, le morceau devient plus que sa propre intensité, il devient littéral.
- “Hot Hot Hot!!!”: le clin d’œil le plus évident, et donc le plus jouissif.
- “Prayers for Rain”: la chanson qui résume le contraste, feu au sol, pluie dans la tête.
- “Disintegration”: toujours ce moment où le temps ralentit.
La setlist complète de Cardiff (Blackweir Fields, 24/06/2026)
Pour les maniaques de setlists (je vous vois), voici la liste jouée à Cardiff:
Plainsong
Pictures of You
High
A Night Like This
Lovesong
The Last Day of Summer
In Your House
Secrets
Push
In Between Days
Just Like Heaven
Treasure
Want
Burn
A Forest
From the Edge of the Deep Green Sea
Prayers for Rain
Disintegration
Encore
Lullaby
Hot Hot Hot!!!
Wrong Number
The Walk
The Lovecats
Let’s Go to Bed
Friday I’m in Love
Close to Me
Why Can’t I Be You?
Boys Don’t Cry
Robert Smith en noir sous 33°C: le symbole qui reste
Il y a des soirs où un détail devient le résumé de tout. Là, c’était Robert Smith, fidèle à son look, sans négocier avec le thermomètre.
On peut se moquer gentiment, mais c’est aussi ça qui fait The Cure: une cohérence esthétique presque absurde, mais assumée. Et dans un monde où tout se “rebrande” toutes les deux semaines, cette constance a un goût rare.
Entre performance et fidélité à l’ADN du groupe
Le “goth en plein soleil” n’est pas juste une image. C’est un rappel que The Cure ne joue pas un rôle de nostalgie. Ils incarnent une identité, même quand c’est inconfortable.
Et sur scène, ça se traduit par un truc simple: pas de surjeu. Pas de discours interminable. Des chansons, beaucoup, et une intensité qui tient sur la durée.
Pourquoi ce démarrage 2026 compte vraiment (au-delà du buzz)
Une tournée UK et Irlande, ce n’est pas anodin. Cardiff lance une trajectoire qui va passer par Dublin, Belfast, Manchester, Édimbourg, avec des attentes énormes et un public multi-générations.
Ce premier show donne un indice clair: le groupe ne vient pas “faire acte de présence”. Il vient jouer long, dense, et construire des soirs qui restent dans la mémoire.
Les premières leçons de Cardiff pour la suite
Si tu comptes les morceaux, l’idée est limpide: c’est une tournée qui mise sur l’endurance, les contrastes, et les grands espaces émotionnels. Pas juste un défilé de singles.
- Un set généreux, pensé comme un voyage, pas comme une playlist.
- Des enchaînements qui alternent lumineux et sombre, sans casser l’élan.
- Une identité intacte, même dans des conditions extrêmes.
Les deux groupes invités, et le choix qui dit beaucoup
Autre point intéressant: les premières parties. Robert Smith a choisi The Twilight Sad et The Joy Formidable. Ce n’est pas juste un “support”. C’est une déclaration de goût.
The Twilight Sad l’a d’ailleurs dit après coup, en gros: “c’était brûlant, merci à ceux qui sont venus tôt”. Rien d’extraordinaire, sauf que ça confirme que la journée a été un défi pour tout le monde, pas seulement pour les fans.
Ce que ça annonce pour les prochaines dates
Si les supports changent selon les villes, on peut s’attendre à une logique similaire: des choix ancrés, plutôt “scène” que “algorithme”. Et ça, ça fait plaisir.
Cardiff a posé le décor: chaleur extrême, tubes massifs, et cette mélancolie qui colle à la peau même quand le soleil tape. Le reste de la tournée va devoir être à la hauteur. Et honnêtement, vu ce départ, ça sent bon.