White Bird

Kat Connors a 17 ans lorsque sa mère disparaît sans laisser de trace. Alors qu’elle découvre au même moment sa sexualité,  Kat semble  à peine troublée par cette absence et ne paraît pas en vouloir à son père, un homme effacé. Mais peu à peu, ses nuits peuplées de rêves vont l’affecter profondément et l’amener à s’interroger sur elle-même et sur les raisons véritables de la disparition de sa mère…

White Bird

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I miss fucking you.

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C’est toujours un vrai bonheur de découvrir un nouveau film de Gregg Araki. Un nouvel événement qui présente à chaque fois son lot d’adolescents paumés dans une société proche de la fin du monde. Plus calme et moins pop que Kaboom, White Bird est plus dans la veine de Mysterious Skin. Pourtant le film ne ressemble à aucun autre dans la filmographie du réalisateur. Calme, moins pessimiste, White Bird est plus une ode à la liberté qu’un drame. Si en apparence il n’est question que de la disparition de la mère de Kat, c’est pour mieux savoir s’il faut suivre ou pas le modèle familial, prendre ou pas son indépendance. De ce point de vue le film est extrêmement réussi, aussi doux que juste. Shailene Woodley, nouvelle star des ados outre-Atlantique, fait des merveilles sous la caméra de Gregg Araki, bien loin de son image dans Nos Etoiles Contraires ou The Spectacular Now. Libérée sexuellement, employant un langage cru, son personnage tente de s’émanciper d’une situation familiale catastrophique. Mais comment avancer lorsque les fantômes hantent vos nuits ? La mélancolie fait son apparition et Kat est dans l’obligation de chercher la vérité pour aller de l’avant. Mais qui peut l’aider ? Son père ? Un incapable qui n’a pu se faire aimer de sa femme. Son ex copain ? Elle le soupçonne d’avoir entretenu une relation avec sa mère. Ne reste plus que trois électrons libres : ses deux meilleurs amis (le gay made in Araki et Gabourey Sidibe) et un policier quadragénaire avec qui elle va commencer à goûter à sa liberté. Ses trois électrons libres seront les protagonistes par qui viendra la vérité.

Mais pourquoi donc la mère de Kat est elle partie un bon matin ? Les flash-back pop et colorés nous présentent une caricature de l’american way of life, cette vie triste et glacée dont était déjà victime la girl du Gone Girl de Fincher. Ici, Eva Green est parfaite et termine son come-back de la plus parfaite des façons. Après son passage chez Burton, Eva Green semble redéfinir la Femme-Fatale. Dans des genres aussi variés que Sin City, 300 : La Naissance d’un Empire, The Salvation ou White Bird, elle fait exploser son talent, sa beauté. Son personnage est l’un des plus beaux de la galaxie Araki. Emprisonnée dans un foyer, dans une famille qu’elle ne veut plus, victime de l’american way of life, sa vie n’est qu’immense tristesse et est rythmée par l’alcoolisme et les disputes. Il y a aussi le temps qui passe et ses traces indélébiles. Voir sa fille insouciante qui rêve encore du fait de son jeune âge, lui rappelle chaque jour que sa vie et sa liberté sont derrière elle. L’interprétation d’Eva Green est digne de celle d’Elisabeth Taylor dans Qui a peur de Virginia Woolf?.

Tristesse contemporaine et adolescence sont mélangées dans cette oeuvre où les adultes sont pétrifiés dans un cauchemar éveillé tandis que les jeunes, inconsciemment, peuvent choisir de vivre dans ce cauchemar où s’en échapper. S’échapper du nid, c’est le plus grand accomplissement que peu réaliser ce white bird.

White Bird

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