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Bonnets rouges, salopette, boom bap et rap en provenance de la Lune. Le duo Rezinsky est bel et bien de retour avec son premier format long, Les Hérétiques Tomes I & II

Petit rappel des faits, nous sommes à l’automne 2014, Pepso Stavinsky et RezO joignent leur talent pour devenir Rezinsky. Ils sortent alors leur premier clip, « W.A.S.P ». Face à une alchimie évidente les deux collaborateurs décident de mener plus loin leur petite aventure et se lancent dans la confection d’un EP, naîtra ainsi Les Hérétiques en juin 2015. C’est le rap d’aujourd’hui avec les influences d’hier, une oeuvre réalisée en indépendant qui va bien au-delà de la simple édition musicale puisque les deux hommes s’adjoignent les services de Silas pour peindre et illustrer non seulement la cover mais aussi chaque track que compose cet EP.

A peine un an plus tard, Rezinsky revient user du sample et manier la plume avec la sortie du double EP Les Hérétiques Tome I & II distribué chez Modulor. Une réédition sur laquelle vient s’ajouter 8 titre inédits.

Encore une fois l’alchimie semble au rendez-vous et on retrouve la même ligne directrice. Pepso vient nous conter des histoires d’homme de sa voix parfois flegmatique et nonchalante sur des instrumentaux travaillés avec précision par RezO. Les histoires et les femmes défilent comme dans nos vieux films, les clopes remplissent les cendriers et les bouteilles se vident à l’aube l’âge adulte.

Rezinsky-MarionChapelain© – Marion Chapelain

Ce Tome II s’ouvre d’ailleurs par un dialogue de L’Homme qui aimait les femmes de Truffaut (1977) donnant écho à l’inspiration souvent cinématographique de Pepso. Arrive ensuite « Rezinshit », avec sa boucle de clavier et ses basses puissantes. On trouve ici un titre remuant et bondissant sur lequel le rappeur vient placer son hommage : « c’est pour mes âmes créatrices, mes trentenaires immatures, mes jeunes mutins hyperactifs, tous ceux qui lévitent sur la Lune […] ». Rezinsky nous échauffe plus tard la nuque avec le sombre « Bartabas », où rires démoniaques et beat lugubre nous emmène dans une ambiance dantesque.

Le voyage noctambule continue avec « La Nuit S’Arrête » et la voix douce de la chanteuse rennaise Ourdia. Ensuite vient « Pigalle » avec K.Oni, un regard nostalgique sur la capitale qui prend forme grâce au travail mélodique de RezO. Le dernier invité de l’album n’est autre que Grems pour « Petit Pain Blanc », morceau incisif qui vient giffler le game. Les femmes restent en toile de fond avec « Quitte Moi » et le très jazzy « Andréa » qui clôture l’oeuvre des deux hommes.

Vous l’aurez compris, ce Tome II vient clore un cycle hérétique, une pérégrination nocturne dans laquelle les ambiances et les influences s’enchaînent sans pour autant perdre en cohérence.

Le disque est disponible depuis le 6 mai, il n’est donc pas trop tard pour vous le procurer.

 

 

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