Paris est une ville qui regorge de friches et autres usines désaffectées. Maquis-Art et Polybrid ont investi l’une d’entre elles pour la transformer et devenir L’Aérosol. Situé rue de l’Evangile dans le 18eme, cet ancien entrepôt de fret accueillera jusqu’à sa démolition, fin janvier, les aficionados de la bombe ainsi que les simples curieux des cultures urbaines.

Dans ce lieu atypique vous y trouverez un bar, des food-trucks, une rampe de skate, une piste de roller qui peut se transformer en piste de danse car oui des concerts et des soirées dj’s y sont très souvent programmées. Mais surtout vous y trouverez le « Maquis-Art Hall Of Fame », un musée regroupant les pièces de graff et street-art des années 80 à aujourd’hui. Ces pièces uniques ont été prêtées par des collectionneurs du monde entier. De Taki à Banksy en passant par Bando, Keith Haring, Phase2 ou encore Shepard Fairey, vous pourrez y admirer les toiles et autres croquis qui ont fait la réputation de ce mouvement.

L'Aérosol -maquis-art-hall-of-fame-01

Chaque mur extérieur, tout comme le sol est à la disposition du public. Les fresques ne cessent de se remplacer. Les crews se succèdent pour faire vivre ces murs que ce soit les 93MC’s, TPK, 132 et biens d’autres encore. Pour éviter que les graffeurs ne manquent de bombes et de caps, un magasin de peinture est également présent, celui de Maquis-Art.

N’hésitez plus, ce lieu est éphémère alors que vous soyez petits ou grands, initiés ou non, nous vous incitons à découvrir ce temple des temps modernes.

Pour creuser encore un peu plus et comprendre la genèse de ce lieu, nous sommes allé à la rencontre de David, l’un des maîtres des lieux et fondateur de Maquis-Art.

C’est à l’âge de 15 ans que David se met à peindre, lui qui prenait le train tous les jours et qui a vu apparaître ces blases et ces fresques dans le décor urbain. « J’habitais en banlieue et mon collège était à un peu plus loin sur ma ligne, c’est là le déclic ». Très vite il se rend compte que ces œuvres sont éphémères, et si personne ne les prend en photo elles seront destinées à l’oubli. « Si l’histoire du graffiti New-Yorkais s’est propagé à travers le monde c’est grâce à des photographes comme Henry Chalfant et Martha Cooper… ».

Alors armé de son appareil photo, il écume les rues de la capitale, de la France, et même de l’Europe. On est fin des années 90, la bulle du numérique est lancée et David stocke des cartes de mémoire remplies de photos. A cette époque, il veut créer un magazine mais par manque de financement il ne peut pas arriver à ses fins. « Pour monter un magazine, fallait 20 000 francs que je n’avais pas et là on a découvert le truc qui s’appelle internet ». En 1997, avec son pote qui vit aujourd’hui au Canada, CyeTwo (nom de photographe et non blaze de graffeur), il monte un site internet « Maquis-Art ». Il y référence toutes les photos de graff, comme le faisait les fanzines. Le but était de « garder en mémoire » les œuvres et artistes qui décorent nos rues.

Les années passent et Maquis-Art se développe, en 2006 il crée une boutique en ligne, et 2009 les shops s’installent dans nos villes. On y achète des bombes, des caps, des t-shirts, des livres. Maquis-Art sont les co-producteurs de la marque de peinture « Loop ». « Il faut survivre, on ne mange pas des cailloux. On essaye de vivre de notre passion ».

A côté David travaille en étroite collaboration avec des collectionneurs. Il expertise, il vend, il achète et fait du courtage dans le monde de l’art. Son réseau est large, et après de longues réflexions il lui vient l’idée de se réapproprier une friche ferroviaire. « Je savais que la SNCF avait de grandes friches inutilisées. Je connaissais Kévin de Polybrid et il m’a dit qu’il était partant. Le projet c’était d’ouvrir un terrain vague ». Polybrid qui produit des événements, s’occupe du bar et des soirées organisées à l’Aérosol et Maquis-Art s’occupe de la partie graphique, graffiti et street-art.

Au début de l’été le projet est lancé, et en 2 mois à peine le lieu à ouvert. La suite ? David ne la connait pas vraiment mais vous pouvez être sûr que d’autres projets de cette même envergure vont voir le jour dans les années à venir.

Comments

comments