Il est fort à parier que vous ayez entendu parler de Nicole Kidman en ce début d’année. Je ne parle pas de sa façon d’applaudir qui a fait le bonheur de Twitter, mais de son actualité. Car oui, Nicole Kidman a de nouveau une actualité. Les succès du film Lion (pour lequel elle était nommée aux Oscars) et de la série HBO, Big Little Lies, permettent à Nicole Kidman de quitter les pages people pour les revues cinématographiques.

Succès publics, la star est de nouveau sous les projecteurs pour deux performances incroyables. De nouveau applaudie de toutes parts pour ses partitions de mères courages, l’actrice bénéficie d’une sélection cannoise pour le moins à sa gloire puisqu’elle viendra y présenter trois films et une série. Quatre projets alléchants (Sofia Coppola, John Cameron Mitchell, Jane Campion et Yorgos Lanthimos), quatre grands projets d’auteurs. Avec How to Talk to Girls at Parties, l’actrice prend un risque en s’associant de nouveau au réalisateur du sexuel Shortbus, pour qui elle interprétera un alien punk. Elle sera également grimée pour ses retrouvailles avec Jane Campion pour la saison 2 de Top of the Lake. Pour Les Proies (très attendu) elle sera la beauté diaphane que nous connaissons, pour un film psychologiquement retors. Quatre grands réalisateurs contemporains s’associent donc à l’actrice pour une année 2017 qui semble chargée. Mais pourquoi avons nous l’impression que l’actrice revient de loin ?

À vrai dire, le succès de Nicole Kidman après son divorce avec Tom Cruise a été fulgurant. Rôles salvateurs, une actrice libérée maîtresse de son corps et de ses rôles. Elle devient l’une des actrices les mieux payées du monde et porte sur ses épaules des productions toutes entières. C’est le cas pour Retour à Cold Mountain et L’interprète. Devenue plus une actrice de studios qu’une actrice d’auteurs, elle s’est empêtrée dans des productions désastreuses à la fin des années 2000. Avec de grosses machines telles qu’Australia, Invasion ou La Boussole d’Or, l’actrice a vu ses films se fracasser au box-office américain.

Ses échecs commerciaux ont éclipsé des chefs d’oeuvre expérimentaux qui n’ont presque jamais fait sensation. Mais une nouvelle ère débute, celle de sa réhabilitation, une ère à la Meryl Streep ou chacun pourra saluer son talent en oubliant fort volontiers ses nanars. Pour redonner ses lettres de noblesse à une actrice qui partait pourtant de loin (jouer les faire valoir de Tom Cruise dans les 90’s puis se libérer) et qui a réussi à jouer avec les plus grands réalisateurs, excusez du peu : Stanley Kubrick, Gus Van Sant, Lars Von Trier, Jane Campion, George Miller, Sydney Pollack, Jonathan Glazer, Anthony Minghella, Park Chan Wook, Werner Herzog, Rob Marshall, Baz Lhurmann, Tony Scott, Stephen Daldry, Alejandro Amenabar

Victime d’une société sexiste, Nicole Kidman a beaucoup plus fait parlé d’elle pour avoir été la femme de Tom Cruise, pour le botox, les tapis rouges. Pourtant, en 1995 avec Prête à tout, l’actrice montre son talent indéniable en interprétant une beauté cachant un monstre carriériste et devient tout d’un coup la nouvelle sensation. Le début d’une carrière splendide. Les rôles de Nicole Kidman ont souvent été de grands rôles de femmes. C’est Alice, dans Eyes Wide Shut, dont les désirs sexuels font chanceler son mari.

 

C’est Satine, une courtisane que tous les hommes s’arrachent au Moulin Rouge. C’est Grace, une belle égarée plus que toxique dans Dogville ou encore Anna femme meurtrie qui croit en la réincarnation de son défunt mari dans le corps d’un petit garçon dans Birth.  Grande, blonde, sublime, il faudra attendre The Hours et son faux nez, dans le rôle de l’écrivain Virginia Woolf pour qu’Hollywood la consacre comme meilleure actrice en 2003, 14 ans déjà. Depuis, même si ses choix ne sont pas toujours judicieux, Nicole Kidman arrive toujours à nous surprendre. Mère (sorcière?) indigne dans Stoker, prostitué vulgaire et peroxydée dans Paperboy… L’inédit Strangerland est également l’un de ses meilleurs choix, prouvant aux derniers sceptiques que son talent est d’or. Celle que l’on aimait comparer à Grace Kelly (elle interprétera son rôle dans Grace de Monaco, ses personnages s’appellent Grace dans Dogville et les Autres) s’approche désormais des 50 ans. Dans les années 90 elle a réussi à voler la vedette à Julia Roberts et a depuis inscrit sa filmographie au rang d’art.

 

Avec les projets cannois qui arrivent, il est fort à parier que l’âge n’empêchera pas Nicole Kidman de trouver des rôles de femmes incroyables, à sa hauteur. Big Little Lies en est le dernier exemple, son jeu, son rôle de femme battue éclipse le talent du reste casting cinq étoiles.

Prochaine étape : Les Proies de Sofia Coppola, en salles le 23 août 2017. Je ne sais pas vous, mais ici on a hâte.

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