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Pour sa 18ème édition, Marsatac provoque nos instincts : chiens ou loups, choisissez votre meute. C’est ce qu’ont fait les 20 000 festivaliers venus se déchaîner à la Friche Belle de Mai à Marseille le week-end du 23 24 septembre 2016.

« Entre chiens et loups », un slogan qui exprime toute la dualité de cette nouvelle programmation. Une affiche faite pour rassasier mélomanes de tous horizons : hip-hop, rap et bass music le vendredi soir ; musiques électroniques et techno le samedi. Comme si le programmateur du festival, Dro Kilndjian, avait senti qu’à Marseille, on était fatigués de devoir choisir entre les deux.

Depuis 1999, Marsatac règne en maître dans l’agenda des festivals de la région marseillaise. Cette année, il s’installe à La Friche Belle de mai et on n’imagine pas meilleur lieu, tellement les identités des deux structures se ressemblent.

Protéiforme et pluridisciplinaire, implantée dans le quartier de la Belle de Mai, « la Friche » est désormais un lieu emblématique des arts et de la culture à Marseille. Urbaine, à contre-courant, et accessible à tous, c’est comme ça que les lieux de rencontres et d’exposition devraient se concevoir.

A la Friche, on a réussi à reconquérir le quartier par la reconversion de cette ancienne manufacture de tabac en espace culturel et artistique, avec pour challenge de « coller » à l’identité de ce quartier populaire et multiculturel. La Friche réunit tous les publics, prônant une mixité sociale et culturelle plutôt réussie. Pari tenu, et c’est dans ce lieu emblématique de l’ « underground » marseillais qu’a eu lieu la 18ème édition du Festival Marsatac.

Avec Marsatac, en 2016, on mixe les genres, les modes, les périodes. Pas de démagogie, mais une volonté de proposer une programmation de qualité, apte à satisfaire les plus pointilleux d’entre nous.

Le vendredi soir, c’est un genre de retour aux sources qui s’opère pour ce festival originellement dédié à la scène hip-hop marseillaise, et qui par ailleurs avait consacré l’édition précédente à une programmation exclusivement orientée vers les musiques électroniques.

Il y a ceux qui sont chez eux, et certains depuis toujours, comme Dj Djel, rejoint sur scène par les copains de la Fonky Family. Une surprise à la marseillaise. Il y a le collectif aixois Chinese Man et Tumi, sur la scène de la Cartonnerie, comme à la maison, devant un public unanime et toujours au rendez-vous.

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Il y a les petits nouveaux du rap français comme Panama Bende ou Jazzy Bazz ; qui croisent le chemin de monstres sacrés du rap U.S, têtes d’affiche de la soirée et pour la première fois réunis sur scène en France : Ghostface Killa et Raekwon. De quoi contenter les routards de la vieille école et faire bouger les plus jeunes. L’occasion d’une rencontre entre les générations ? Les nouveaux n’ont d’ailleurs rien à envier aux anciens : les parisiens de Panama Bende ont su trouver leur public sur la scène du Club, et Jazzy Bazz  a été plutôt convaincant sur la scène intimiste du Cabaret, accompagné des musiciens du groupe The Hop.

Dans la soirée, on switch avec des artistes peut-être moins mainstream mais tout aussi légitimes : les Flatbush Zombies dégainent un live à leur image, dans une ambiance visuelle hypnotique, un flow net et sans bavures. Une maîtrise de la scène qu’on retrouve chez Killason, performer hybride et atypique, alliant musique, danse et chant.

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Pour finir, on peut dire que le pouvoir était aux femmes. La scène féminine nous a régalés de performances au sens propre du mot : du feu sur la scène de Gnucci, qui a totalement électrisé le public du Club, pour laisser ensuite la place à Little Simz puis au flow bien allumé de la bristish Lady Leshurr. Enfin, Flava D a enflammé la Cartonnerie pour une heure de set plutôt efficace.

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Entre chiens et loups, Marsatac ne choisit pas et assume son éclectisme et le renouveau de son identité, au fil des éditions. Depuis maintenant de nombreuses années, le festival rassemble des générations de marseillais avides de bon son. Cette année, on sent leur envie de continuer d’incarner ce symbole, et de le faire perdurer. C’est franchement  tout ce qu’on demande.

L’an prochain, Marsatac change la donne et nous donne rendez-vous les 23 & 24 juin 2017 au Parc Chanot. Passer de la Friche, décor se prêtant parfaitement aux scènographies psychédéliques et immersives de cette édition, au parc des expositions de Marseille, cela a de quoi décontenancer. Mais on fait volontiers confiance aux équipes du festival : on sera là en juin.

Crédits Photo : Florian Gallène – Sih Moon Prod – Marsatac

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