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« – « Dis-moi Julien, si je devenais libre, tu te rendrais libre aussi ? »
– « Tu dis ?… »

Un homme et une femme s’aiment en secret dans une chambre, se désirent, se veulent, se mordent même. Puis s’échangent quelques mots anodins après l’amour.
Du moins l’homme semble le croire.
Car aujourd’hui arrêté, face aux questions des gendarmes et du juge d’instruction, Julien cherche les mots.
« La vie est différente quand on la vit et quand on l’épluche après-coup. »

Que s’est-il passé, de quoi est-il accusé ?… »

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Présenté au Festival de Cannes – Un Certain Regard.

Une image 4/3, des orgasmes et une chambre bleue. Des seins, une tâche de sang, une fenêtre. Les dialogues semblent venir d’un autre temps. Le jeu de Mathieu Amalric, sa diction, se prêtent à merveille dans cette introduction à l’esthétique surannée. La symphonie de Grégoire Hetzel, les décors et le collier de perles nous emmènent dans une autre époque. Pourtant, c’est bien dans notre temps contemporain que le réalisateur et acteur a décidé de placer l’intrigue. D’après le roman de George Simenon, Mathieu Amalric livre un film poétique et personnel, et a réécrit le scénario avec l’une de ses actrices  : Stéphanie Cleau qui interprète l’étrange Esther. Amante d’une vie dont les promesses sont éternelles.

 

Passion, enquête policière, adultère … tout se mélange dans ce court film qui entremêle passé et présent pour perdre le spectateur, lui faire tourner la tête, lui faire ressentir l’ivresse que procure la sensation de deux corps mêlés. Intrigue de polar et romance passionnelle immortalisées par un réalisateur aux goûts toujours plus léchés. Travail de Christophe Beaucarne (le directeur de la photographie) qui emmène le film dans des sommets de beauté dans les scènes en forêt, à une fenêtre une nuit d’orage, sur une plage … Esthétiquement, le film alterne entre scènes chaudes (la plage et la noyade faussement amusée) et scènes d’une froideur glaciale (quand tombe la pluie, dans la maison de Julien). C’est d’ailleurs petit à petit que nous entrons dans un univers que quitte la chaleur.

 

La poésie d’un autre temps des dialogues et la beauté des images se heurtent à des scènes naturalistes de jugements (des acteurs non professionnels jouant leurs propres rôles d’avocats, juges…) qui en terminent d’enfermer Julien et Esther dans une bulle. Le film n’excédant pas les 75 minutes, il est rude d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue. Plus un film à ambiance qui repose sur la question du ‘pourquoi?’, La Chambre bleue prouve que Mathieu Amalric est un réalisateur hors-pair, qui sait manier les images et les genres. Après Tournée, ce film est bien parti pour être l’un des meilleurs films français de ce Cannes 2014. Prochain projet de réalisation : Le Rouge et le Noir.

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