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Pour la sortie de son dernier projet intitulé La 25ème Heure, nous avons rencontré Jorrdee. Artiste discret, la singularité du membre du collectif 667 et sa constance, en tant que producteur et interprète, lui ont permis de créer un following très fidèle. On s’est posé pour essayer d’en apprendre un peu plus sur le jeune homme derrière ses multiples pseudonymes.

Unionstreet : Est ce que tu peux te présenter en quelques mots pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas ?

Jorrdee : Je m’appelle Jorrdee. Je suis un musicien de 23 ans.

US : D’où es-tu originaire ?

J : À la base, je viens de Lyon. Je suis né et j’ai grandi là bas mais depuis mes 18 ans, je fais des allers-retours entre Lyon et Paris. Au début, j’étais dans une école d’art près du Louvre qui s’appelle la Sornas.

US : Ah bon ?

J : Ouais. Avant de faire de la musique, je dessinais. Je voulais devenir graphiste. À Lyon, je flinguais un peu mes cours donc ma mère m’a inscrit dans cette école à Paris. Mais on n’a pas pu assumer financièrement l’année et je n’allais pas tellement en cours non plus donc on a fini par niquer le bail.

US : Du coup, depuis tu as mis de coté le graphisme ?

J : Ouais. Après, je fais toujours les pochettes de mes projets. De temps en temps, je bosse sur des petits trucs mais j’ai pas mal mis ça de coté.

US : Quand est-ce que tu t’es mis à faire de la musique ?

J : J’ai commencé tôt. Je ne m’en rappelle même plus vraiment. Je sais que pour le rap, je kiffais le jeu Def Jam Rapstar où tu devais rapper les chansons des cainry. Mais en fait, depuis tout petit, à l’école primaire j’écrivais des poèmes aux gos (rires).

US : (rires) Et qu’est-ce que tu disais dedans ?

J : Je ne sais pas moi. C’est intime (rires).

US : Du coup, comment elles réagissaient ? Bien ?

J : Ça dépend. Mais je crois qu’elles commençaient déjà à me prendre pour un boloss en fait (rires).

US : Mais c’est sûr qu’il y en a au moins une que ça a choqué ?

J : Ouais. Une .. deux ..

US : Et après t’as commencé à écrire des raps ?

J : Après aussi, je suis antillais, tu vois. Donc forcement quand j’étais petit j’ai été exposé au zouk et au dancehall donc pour m’amuser j’ai du écrire des chansons dans ces styles là. Mais c’était vraiment des paroles de con quoi.

US : Tu es d’où aux Antilles ?

J : De la Martinique, du coté de mon père. Ma mère est comorienne.

US : Ce n’est pas très commun d’avoir des racines africaines et antillaises. Est ce que culturellement tu ressens les différences ?

J : De ouf. D’abord parce que les comoriens sont pour la plupart musulmans et les martiniquais sont majoritairement chrétiens. À partir, de ce moment là, il y a un premier conflit. Ma mère est musulmane mais elle s’est remise dans la religion assez tard. Mes premières années, j’ai été baptisé et j’ai fait un peu de catéchisme. En même temps, j’ai été à l’école coranique et je me suis fait circoncire.

US : Comment as-tu vécu cette double culture ? Ça a dû soulever des questions ?

J : Pour la religion chrétienne, c’est quand j’étais vraiment jeune donc je ne m’en rappelle plus trop. Par contre, je me souviens que les premières fois où j’ai eu à aller à l’école coranique ou à la mosquée, j’étais un peu gêné parce que c’était aux Comores et j’étais un peu différent des autres enfants. Là où j’allais, c’était ghetto de ouf et je me rappelle qu’un vers de terre s’était faufiler entre mes orteils. J’ai eu chaud ce qui a fait qu’à chaque fois que j’étais supposé aller à l’école coranique, j’esquivais et à la place on allait chasser des oiseaux dans la forêt, après on les bicravait. Après, en ce qui concerne la spiritualité, ça m’a permis d’apprendre plein de choses et aujourd’hui j’essaye de prendre le meilleur des deux. Mais à la fin, je ne suis qu’un humain donc ..

US : Est-ce que tu crois en Dieu ?

J : Oui. Je ne dirais pas que j’ai une religion. Surtout, quand j’évoque la situation de ma famille et les gens émettent des jugement du style « Ah, en fait t’es ça ?! Tu devrais faire ci ? ». Je me contente de croire en Dieu. Pour moi, c’est le plus important. Le reste, c’est matériel. Du moins, tout ce qui est extérieur. Le principal c’est ce que tu as à l’intérieur. Que tu sois bon, ou mauvais après le reste est superflu. C’est comme une femme (rires).

US : Quel est ton plus vieux souvenir musical ?

J : Ma mère écoutait beaucoup de variété française. Du genre, Céline Dion, Mylène Farmer et tout ce qu’il pouvait y avoir comme artistes dans cette sauce à l’ancienne. Mon père, lui c’était plutôt du zouk, du dancehall mais surtout beaucoup de rap. Il écoutait Doc Gynéco, le premier album de Salif, 2pac, le deuxième album de Matt Houston aussi.

US : Cette époque a t-elle laissé une influence sur la musique que tu fais en ce moment ?

J : Oui, beaucoup. Mon père est décédé quand j’étais plus jeune et pour moi faire de la musique, depuis le début, c’est une manière de le commémorer et de rentrer en communion avec lui. Quand je fais un son, j’ai l’impression que je suis proche de lui et qu’il me donnait son approbation. Genre « C’est bien .. T’as bien appris. » (rires).

US : Une manière de lui rendre hommage en quelque sorte.

J : Oui. Après, satisfaire quelqu’un qui n’est plus là, je peux comprendre que ça paraisse bizarre. Mais d’un point de vu personnel, je sais que psychologiquement ça me fait du bien. J’ai la sensation de servir à quelque chose et aussi que la personne est toujours là pour moi.

US : Quand est ce que tu t’es mis à enregistrer de la musique ?

J : Mes premiers sons, c’était quand j’étais en 4ème. J’ai rappé et j’ai fait l’instru. À l’époque, j’étais à fond sur l’album Crunk Juice de Lil Jon & the East Side Boyz donc direct, je me suis pris le délire des percussions 808 et des paroles de cons etc ..

US : C’est vrai que cet album a eu beaucoup de succès mais il fallait un peu être au courant pour tomber dessus quand même. Comment le collégien de Lyon que tu étais a été introduit à cette musique ?

J : En fait, j’avais un groupe avec un pote d’enfance et son père écrivait des critiques d’albums pour la Fnac donc il ramenait régulièrement des CDs. Un jour, il a ramené l’album de Lil’ Jon & the Eastside Boyz et on est resté bloqué dessus. Genre, on portait des long t-shirt roses (rires). Et mon pote était blanc, blond et petit. Moi, j’étais noir, gros et un peu plus grand. Tu t’imagines les têtes qu’on avait. C’était assez marrant. Je me rends compte aussi que ce sont eux qui nous ont poussé à la consommation comme certaines personnes peuvent être poussées à la consommation quand elles nous écoutent aujourd’hui.

US : Quel genre de consommation ?

J : Ça commence avec l’alcool. Ensuite, le bédo. La lean aussi, ça a commencé tôt. Peut être vers 16 ans. On essayait toutes sortes de médicaments jusqu’à ce que l’on tombe sur l’Euphon et le Phénergan. Heureusement qu’on a stoppé ça parce que je vois que ça commence à être chaud pour ceux qui consomment ça, aux Etats-Unis et en France.

US : Donc tu avais un groupe avec ton pote ?

J : Ouais. On s’appelait le Lil Money Gang (LMG). Ça, c’était quand on avait entre 16 et 18 ans. Après, on est devenu Les Mektons. Ça n’a pas duré très longtemps parce que le pote avec qui j’avais le groupe était lui aussi en école d’art. Il s’est concentré sur ses études, a arrêté le rap et s’est intéressé à des musiques plus expérimentales. Du coup, j’ai continué tout seul. Quelque temps après, j’ai rencontré les gars du 667.

US : Est ce que tu peux nous parler un peu de ce collectif ?

J : Freeze Corleone, qui était au Canada, connaissait le gars de mon ancien groupe. Quand il est venu en France, on s’est capté et on a formé un groupe qui  s’appelait LTRTRT. Ça faisait référence à Call Of Duty et au rap violent genre Drill Music. Ensuite, Freeze est retourné au Sénégal où il a recruté les mecs qui forment le 667 avant qu’ils viennent pour la plupart s’installer en France.

US : Ah ouais. Le 667, c’est un collectif sénégalais alors ?

J : Ouais. Plus sénégalais, qu’antillais ou comorien en tout cas (rires).

US : Et le gros du groupe, c’est Freeze Corleone, toi et ses homies du Sénégal ?

J : Oui. Même si, parfois ça s’étendait plus que seulement ce groupe de personnes. On habitait tous ensemble dans une maison à Gentilly. On galérait et on essayait de faire ce qu’il faut pour pas trop galérer non plus. Le crew est large mais dedans t’as Kikz Kaki, Osirus Black, Zuukou, Lala, Black Jack, Dubble GOdeuxzéro, Slim C, Afro S, Norsacce Berlusconi et d’autres.

US : De l’extérieur, on peut avoir l’impression que le 667, qui s’appelle également la Ligue Des Ombres, est quelque chose d’insaisissable. Qu’est-ce qui fait le lien avec tous ses membres ?

J : C’est vraiment un état d’esprit et une façon d’être. Mais effectivement, les mecs du collectif sont assez libres et ne se focalisent pas sur le fait de faire des collaborations uniquement avec entre eux. Chacun fait son propre truc mais toujours avec l’état d’esprit 667. C’est à force aussi d’être toujours ensemble. On finit par déteindre les uns sur les autres ce qui peut être chelou parfois.

Après, ce qui caractérise le crew à mon avis, c’est la foi en Dieu et la volonté de mettre de l’âme dans notre musique. 667, ça fait aussi référence à FFG qui est l’ancien groupe de de Freeze.

US : L’imagerie associée à ta musique est souvent sombre et pour beaucoup de gens Jorrdee rime avec obscurité ? Est-ce que c’est essentiellement ce qui te caractérise ?

J : C’est lié au vécu et plein de choses qui font que c’est comme ça. Quand je suis bien dans ma vie, ça se ressent dans la musique. Lorsque j’ai fait « Rolling Stone » par exemple, ça s’entendait que j’étais joyeux. Après, je suis un humain. Comme tout le monde, j’ai une part d’ombre et une part de lumière. Le problème, c’est que j’ai plus vécu dans l’ombre que dans la lumière, du coup ça se ressent dans mes sons. Mais peut être qu’un jour, je ne serai que dans la lumière et ce jour là, je serai Henri Salvador.

US : En fait, les gens ne se rendent pas compte que t’es basé en région parisienne depuis pas mal de temps maintenant.

J : Le truc c’est qu’à Gentilly, on prenait tous de la codéine. Du coup, à part se foutre ça, rester à la maison et faire de la musique, on ne voyait personne. On sortait presque jamais et ça pendant peut être 3/4 ans. Mais ça me convenait assez.

US : Ça participe aussi du mystère qu’il y a autour de toi et de ta musique. Surtout que dans les vidéos que tu as pu sortir, qui en général sont plutôt sombres, il n’y a pas d’indication géographiques. D’ailleurs, pas mal d’entre elles ont disparu !

J : Ouais. J’ai supprimé quasiment toutes mes anciennes vidéos. Pareil, pour la musique. Il y a un certain nombre de tapes que j’avais faite avant Notre Jour Viendra que j’ai du mal à retrouver sur le net. Mais, il y a certains projets sur lesquels tu peux encore tomber. Ils sont sous d’autres noms. À un moment, je m’appelais GHB (rires).

US : Qu’est ce qui te poussait à utiliser plusieurs noms ?

J : Je ne sais pas. Peut être que j’étais schizophrène avant et je ne m’en rendais pas compte.

US : Est ce que c’est une démarche que tu vas poursuivre dans le futur ?

J : Je n’y pense pas tellement en fait. Je le fais quand ça vient. Mais ça peut venir de n’importe quoi. Par exemple, récemment, il y a un morceau de mon gars Zuukou que j’ai produit. Il est crédité à Anakin Le Fils. C’est lui qui a posté le son et qui a changé le nom. Mais bon, ça a un sens. En général, les gens qui suivent un peu ce que je fais comprennent ce qu’il se passe.

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«…Dans mes morceaux, j’essaye vraiment d’utiliser ma voix comme un instrument. Il faut que ça soit beau et que ça soit agréable à l’écoute….»

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US : Ça veut aussi dire que t’as aussi réussi à développer une bonne complicité avec les gens qui écoute ta musique.

J : Absolument. Je me sens proche des gens qui écoutent ce que je fais et c’est assez important pour moi. D’ailleurs, je me souviens qu’au début, quand j’ai commencé à faire des sons et que je démarchais des artistes, pas mal d’entre eux étaient assez fermés alors qu’ils ne gagnaient même pas d’argent avec ce qu’ils faisaient. Je trouvais ça ouf parce que c’est le public qui fait vivre et exister les artistes donc ils ont un certain respect à avoir. Il y a un petit coté de ta personne qu’en tant qu’artiste, tu te dois de donner.

US : Pourtant tu es plutôt discret. Quels rapports entretiens tu avec les gens qui suivent ce que tu fais ?

J : Des rapports normaux. Les personnes qui viennent me parler, je les traite comme des gens que je pourrais par exemple rencontrer en soirée.

US : Est ce que tu réponds à tout le monde ?

J : J’essaye mais ça devient de plus en plus compliqué. Surtout qu’il y a des gens qui, lorsqu’il viennent me parler, me disent des trucs bizarres. Je préfère les ignorer à ce moment là. Mais du coup, c’est plus de leur faute que de la mienne (rires).

US : Quel est le premier projet significatif pour toi ? Le moment où tu t’es dit que tu allais te mettre sérieusement à faire la musique ?

J : Au début, effectivement je m’amusais. C’est quand les gens ont commencé à s’américaniser un peu et à accepter que je pouvais chanter/rapper avec une voix inhabituelle, cassée et faire des flows bizarres. Quand je faisais ça, les gens à la base me demandaient ce que je faisais. Maintenant, tu as des rappeurs comme Lil Wayne, Young Thug, Future, qui n’hésitent pas à expérimenter avec leurs voix. Dans mes morceaux, j’essaye vraiment d’utiliser ma voix comme un instrument. Il faut que ça soit beau et que ça soit agréable à l’écoute. Et c’est vrai aussi pour des musiciens hors du hip-hop. Matthieu Chedid fait ça par exemple.

US : L’un des projets qui t’a mis sur la carte et qui a introduit pas mal d’autres artistes (Myth Syzer, Action Bronson, Riski Metekson, Tyler, the Creator) à un certain nombre de jeunes auditeurs français, c’est PPA 1.5 de Joke sur lequel tu as produit le morceau « ᐂ (Delta) ». Comment s’est effectuée la rencontre entre vous deux ?

J : Mon pote avec qui j’ai commencé la musique faisait des Myspace pour des gens. Il en a fait pour pas mal d’artistes à l’époque et Joke l’avait contacté pour qu’il fasse sa page. On en a profité pour s’échanger de la musique. Mon pote s’entendait bien avec tous ces mecs. J’ai fini par envoyer des prods à Joke et après .. ça s’est fait hein ..

US : C’est peut être un évènement qui t’a permis d’élargir ton public ?

J : Oui et non. Parce que les gens qui ont vraiment commencé à s’intéresser à moi ne sont pas venu me démarcher directement après ça. Ça s’est fait un peu plus tard, à partir du moment où on a créé le 667.

US : Tu peux nous parler du morceau ?

J : C’est un morceau que je kiffe. Surtout la prod, en fait (rires).

US : Tu commençais à expérimenter avec des sonorités saturés et agressives.

J : C’est grâce à mon pote, en fait. Lui a l’époque, il commençait à être à fond sur de la musique expérimentale pendant que moi, j’écoutais principalement du rap. Et j’ai samplé un morceau de Kap Bambino qu’il m’avait fait découvrir.

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«…L’objectif pour moi c’est de faire de la musique. Je me considère comme un artiste et le problème, c’est que j’ai l’impression que beaucoup de rappeurs ne se considèrent pas comme tels…»

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US : Du coup, tu as continué à expérimenter avec le 667.

J : Avec Issa (Freeze Corleone), on s’est déchiré sur la trap. J’en fais toujours de temps en temps mais c’est un délire qui a fini par me saouler. Je trouve que c’est un peu du fast food. L’objectif pour moi c’est de faire de la musique. Je me considère comme un artiste et le problème, c’est que j’ai l’impression que beaucoup de rappeurs ne se considèrent pas comme tels, ce qui les limite dans ce qu’il peuvent faire. D’ailleurs, j’aimerais bien qu’il y en ait plus qui se considèrent comme tels comme ça j’aurais l’impression d’avoir un peu de concurrence (rires). Mais je commence à en voir là. Je suis content et impatient qu’on soit en septembre pour écouter ce sur quoi tout le monde est en train de travailler. Parce que là, il y a eu plein de nouveaux artistes qui sont apparus en peu de temps et justement, eux, je sens qu’ils n’en ont rien à foutre des limites.

US : On est a une époque où les rappeurs n’hésitent plus à chanter et à tester des effets sur leurs voix. La musique hip hop est très psychédélique en ce moment.

J : Je me souviens que quand je chantais au début, je me faisais traiter de gile-fra et maintenant je vois tous les rappeurs qui chantonnent. Je vois, un groupe de rap dont le nom est Peace N Lové, tu m’aurais dit ça il y a deux ans, je ne pense pas qu’ils auraient mis cet aspect en avant. Ça aurait été un peu plus pragmatique. C’est une autre facette de la street. Ça me fait penser à la facette de la street que pouvait avoir la Mafia K1fri. Genre, t’es dans la street, tu fais tes bails, ok. Mais tu chill quand même. Et ce sont des morceaux dont tu as envie de profiter quand tu es posé et pas forcément en mode braquage de banque.

US : Même si la Mafia K1fri a fait des sons pour qué-bra.

J : Bien sûr. Tu ne peux pas renier totalement qui tu es. Si tu es un gars de la street et que tu dis que des trucs genre « Je vous aime » ou « Tout est beau ». Ce serait mentir. La musique, c’est aussi l’occasion de raconter son histoire.

US : Ça crée un plate-forme pour les auditeurs de s’identifier à toi aussi. En ce qui te concerne, la manière dont tu racontes tes histoires est très métaphorique ce qui a tendance à intriguer tes auditeurs. Surtout que tu es plutôt discret.

J : Mon idée, c’est d’être à 20% pour les gamins qui ont juste envie de kiffer en soirée, à 50% pour les petites parisiennes qui veulent aussi aller flamber, 70% pour ceux qui ont besoin de force et 100% quand il y aura des thunes. J’ai pas envie de trop en donner d’un coup, puis de ne plus avoir rien à dire plus tard.

US : Quels sont les artistes que t’aimes bien dans le paysage hip hop aujourd’hui ?

J : (silence) (rires).

US : Il y en a quelques uns quand même ?

J : J’exagère. En plus, il y en a plein que j’aime bien. Genre, j’aime bien PNL. J’aime bien aussi OK Lou, Il y a Jwles, Hamza. J’ai bien aimé le son de Metek dans la mixtape de DJ Weedim. Sinon, j’ai découvert Rowjay récemment et j’aime bien Niska.

US : Qu’est ce que tu préfères dans le fait de créer de la musique ?

J : C’est la sensation de puissance de ouf (rires). Quand tu fais de la musique, c’est un peu comme de la magie.

US : Comment définirais tu ton identité musicale ?

J : Je pense qu’il y a deux cotés. Il y a un coté un peu zouk love aquatique. Lent. Très Lent et chanté. Et t’as le coté qui m’a vu naitre en tant que musicien à savoir la trap et les beats à la 808. Même si parfois, je me dis que ça me fait chier, je ne peux pas m’empêcher de me défouler sur ça. Et je kiffe, parce que j’ai commencé par ça. C’est avec ça que j’ai commencé à kiffer faire de la musique. Je ne cracherai jamais dessus complètement (rires).

US : Comment tu te vois dans 5 ans ?

J : Soit je suis en hopital psychiatrique, soit je suis riche (rires).


US : La 25ème Heure, ton dernier projet en date vient de sortir. Est-ce que tu prépares déjà la suite ?

J : Il y a des projets qui arrivent mais je préfère rester lowkey à propos de ça.

Propos recueillis par Jean Benoît Ndoki

 

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