Isha a les dents du bonheur. Est-ce un signe? Aucune idée mais le rappeur débarque avec un projet solide qui va ravir vos oreilles. Coup de projecteur sur un ovni venu de Belgique.

Ce n’est pas la première fois qu’on le dit (et pas la dernière) mais il devient difficile de parler de « rap français » en 2017… non, plus que jamais il faut parler de « rap francophone ». Depuis quelques années maintenant, le vent tourne et l’intérêt pour le hip-hop en provenance de contrés non-lointaines se fait grandement sortir. La faute à qui? A nos talentueux voisins Suisses et Belges.

Pour ce qui est de la Belgique, en haut du pannier on retrouve les nouvelles coqueluches des médias spécialisés, Caballero, JeanJass, Roméo Elvis, Hamza ou encore Damso et Shay. Mais dans l’ombre, il y a un autre homme qui fait son bonhomme de chemin et qui gravit les échelons : Isha.

Après les clips « Oh putain (avec l’accent du sud)« , « 3h37« , « Tony Hawk » et plus récemment « S.O.A.B » issus du projet, Isha (anciennement Psmaker) lâche l’intégralité de La Vie AugmenteUn 10 titres ambitieux qui pose les bases solides d’un rookie à suivre de près.

En guise d’introduction, le emcee bruxellois se dévoile à travers le titre éponyme de l’album. Introspectif, brut, hardcore et égotrippée… la musique d’Isha devient exutoire, un défouloir pour combattre les maux par les mots.

L’augmentation est vitale
Et mon champ d’action est si vaste
J’fais de la musique pour raisons médicales
C’est pas moi, c’est ma plume qui m’raconte des images

A l’aise dans ses sneakers et en phase avec son temps, Isha fait monter la température dès la deuxième track avec le sombre « Yipiya ». Vient ensuite le banger « Oh Putain ». Accent du sud simulé et emoji flamme de rigueur. Dans la continuité « S.O.A.B » (son of a b*tch ndlr) carbonise les haters et les traîtres, une chanson sous forme de mise au point, de règlement de compte. Vous l’aurez compris, le rappeur montre un talent indéniable pour les chansons chaudes propices au cassage de nuque.

« Collette », « 3h37 » ou « L’augmentation, Pt. 1 » montre un chemin plus lumineux. Les productions sont plus aériennes, le ton plus léger, moins grave. Sur « Le salon de l’auto », unique featuring du projet, son compatriote JeanJass vient chantonner sur un air de clavecin.

Malgré ses dents du bonheur affichées sur la cover et un nom qui révèle espoir et ambition, La Vie Augmente se veut délicatement sombre. Une alternance aiguës de textes personnels et de phrases allumeuses.

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