interview_haute_unionstreet

Un matin de juillet, nous sommes allés à la rencontre de Haute. Le duo constitué d’Anna Majidson et Romain Hainaut venait d’ouvrir pour Ta-Ku au Trabendo et s’apprêtait à s’envoler pour le Canada, direction le festival Osheaga. C’est dans un café du centre de Paris que les deux artistes nous ont rejoint pour discuter de leur projet.

 

Unionstreet : Bonjour Haute. Est-ce que vous pouvez vous présenter en quelques mots ?

Anna : Je m’appelle Anna. J’ai 22 ans et je suis franco-américaine. J’ai vécu 10 ans à l’étranger et 10 ans en France. Je fais de la musique depuis toute petite parce que mes parents sont musiciens.

Romain : Je m’appelle Romain. Je suis aussi franco-américain. J’ai vécu quasiment toute ma vie aux États-Unis à New-York. J’ai rencontré Anna il y a trois ans. Depuis, on fait de la musique ensemble et on a un duo qui s’appelle Haute.

 

US : Vous êtes à quelques jours de jouer au festival Osheaga, qui est le plus gros festival au Canada, comment vous vous sentez ?

Romain : Personnellement, j’ai hâte ! Au départ, j’étais un petit peu moins confiant parce qu’on a démarré une nouvelle façon de faire notre live, surtout de mon coté avec le type de matériel que j’utilise. Du coup, j’avais des choses à tester mais le concert au Trabendo m’a rassuré.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« (…) on a une relation de travail qui marche vraiment bien, on arrive vraiment à mélanger les deux univers et à créer un truc cohérent (…)»

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

US : Malgré le fait que vous ayez été dans la même ville et que vous ayez étudié dans la même université, c’est grâce à internet que s’est faite vôtre rencontre. Comment expliquez-vous cela ?

Anna : En gros, Romain avait créé un groupe Facebook dédié aux musiciens de notre université et de Montréal. C’était la fin de notre première année et je venais de prendre la décision de me mettre à chanter sur des beats parce que mon mec de l’époque faisait ça. Du coup, je cherchais des gens avec qui collaborer. J’ai posté une démo d’un standard de jazz que j’avais faite avec un pote à la guitare. Deux semaines après, Romain m’a checkée. J’étais en Californie avec mes parents. Je ne faisais qu’écrire des chansons donc je lui ai envoyé des démos. Quelques jours après, on avait un truc ensemble.

 

US : Donc la première fois que vous avez travaillé ensemble c’était à distance ?

Anna : Oui, j’étais retournée en vacances chez mes parents en Californie.

Romain : Moi, j’étais retourné en vacances chez mes parents à New-York. On s’est réellement rencontré à Paris par hasard, en fait. Avant même de se croiser à Montréal alors qu’on était dans la même school et dans le même cours de musique pendant un semestre.

 

US : Après cette rencontre, qu’est-ce qui vous a fait dire que vous vouliez former un duo ?

Anna : J’avais vachement de mal à me dire que mes projets allaient être exclusifs. À cette époque par exemple, je travaillais avec mon ex qui faisait des beats aussi. J’avais un peu peur de me dire que j’allais faire de la musique seulement avec Romain. Même aujourd’hui, je ne me dis pas que c’est exclusif. Je me dis que c’est mon projet principal. Et pour que j’en arrive à me dire ça en fait … et bien il y a eu trop de signes qui me donnaient l’intuition que je devais me focaliser sur ce projet. Trop de gens qui me disaient que c’était bien ce qu’on faisait et de passer sur Radio Nova, ça nous a vachement encouragé à poursuivre. Après, indépendamment de tout ça, je pense qu’on a une relation de travail qui marche vraiment bien, on arrive vraiment à mélanger les deux univers et à créer un truc cohérent. Du coup, c’est un bon plan pour moi.

Romain : Le moment où j’ai eu envie de travailler avec Anna, c’est le moment où j’ai entendu sa démo. C’est juste que c’était une galère pour moi de trouver de bons musiciens à l’époque, où des gens qui faisaient de la musique qui m’intéressait. Tous les musiciens que j’appréciais, je les connaissais grâce à internet. Quand j’ai entendu morceau d’Anna, je me suis dit qu’elle avait une vraie bonne oreille musicale. Depuis qu’on s’est mis à bosser ensemble, je n’ai jamais eu de raison d’avoir envie d’arrêter. On kiffe ce qu’on fait et on est d’accord. Et en plus, comme Anna disait, ce n’est pas un projet exclusif. On continue à collaborer avec d’autres artistes à coté, tout en gardant en tête qu’on a tous les deux envie de faire marcher Haute.

 

US : Anna, je sais que tu viens d’une famille de musiciens. Comment cet environnement a-t-il influencé la musique que tu fais aujourd’hui ?

Anna : C’est naturel d’hériter de nos parents. De ce qu’ils sont en tant qu’individus et de leurs métiers. C’est une super influence. Ce qu’il s’est passé, c’est que mon père nous a un peu forcé au début à apprendre le solfège. Il voulait absolument que l’on joue de la guitare. Du coup, jusqu’à mes 13 ans, je n’avais vraiment pas envie de faire de la musique. Ça me faisait chier parce que quand ton père est sur ton dos toute les deux secondes, beh t’as pas envie de le faire. Mais après, j’ai intégré une chorale au collège. Aux États-Unis, la chorale c’est genre LE truc. J’en ai fait 7 ans et j’ai trop kiffé. Ça m’a permis de tracer mon propre chemin, puis de revenir vers mes parents et  faire de la musique avec eux. On a fait des dates ensemble. J’adore partager mes compositions avec mon père parce qu’en termes de musique, il sait de quoi il parle donc ça fait vachement plaisir. C’est comme ça que ça m’a influencé.

 

US : Et toi Romain, d’où vient ta passion pour la musique ?

Romain : En vrai ma passion pour la musique elle est venu avant même que je fasse de la musique. Mon père n’est pas musicien mais ma mère, quand elle était jeune, elle voulait être chanteuse et à mon âge, elle faisait un peu ce que je fais avec Anna. Après, elle a changé de carrière et a arrêté. Donc je n’ai pas été baigné dans un environnement hyper musical non plus mais j’ai toujours aimé les goûts musicaux de mon père. Il y avait toujours de la musique chez moi, dans la voiture, tout ça … C’était surtout du Classic Rock mais des trucs que je kiffais vraiment à l’époque. Genre Led Zeppelin, Pink Floyd, etc … C’est de ces artistes là qu’est venu ma passion pour la musique. Un peu plus tard, mes parents m’ont demandé si je voulais jouer d’un instrument. Mon père avait un saxophone qu’il avait garder car il en avait joué un peu quand il était petit, du coup je me suis mis au saxophone. J’ai pris 5 ans de cours de saxophone. Je t’avoue que je n’étais pas passionné. Certes c’est un super instrument mais je n’étais pas assez mature à l’époque pour le comprendre vraiment. Et je ne connaissais pas toute la musique des grands du saxophone donc je n’ai pas développé la passion et j’ai lâché, je me suis mis à la guitare et au rock.

US : Qu’est-ce qui t’as donné envie de faire de la production (Romain produit sous le nom de Blasé, ndlr) ?

Romain : Comme je t’ai dit, j’étais très influencé par la musique qui se jouait à la maison. Parfois, mon père mettait des sons de rap. Il y avait « P.I.M.P » de 50 cent qu’on pouvait entendre dans le salon, par exemple. Et quand j’ai entendu ça, je me suis demandé comment il faisait ces sonorités. Je me suis mis à refaire des morceaux que je kiffais sur Garageband. Plus tard, quand j’ai eu un ordinateur portable, j’ai continué à faire des morceaux mais c’était mes propres trucs. J’étais à fond aussi dans la French Touch : Daft Punk, Justice, Mr. Oizo, Ed Banger. À une période, j’ai essayé de faire ce genre de musique. J’ai fait de la Deep House aussi … mais j’ai jamais trop kiffé. C’était un peu pour rider la vague.

 

US : T’avais posté des morceaux House sur ton ancienne page Soundcloud ?

Romain : Ouais et j’aime bien ça mais je n’ai pas le temps de tout faire. Je préfère taffer sur Haute en ce moment, simplement.

Anna : D’ailleurs, j’ai retrouvé un remix House de Travis Scott que tu avais fait. C’était lourd et inattendu.

Romain : (rires) Ah ouais ! Ça, c’est unreleased.

 

US : C’est à Montréal que tu as commencé à travailler avec des rappeurs ?

Romain : Oui. Le premier mec avec qui j’ai bossé, c’était Gabe ‘Nandez. On a d’abord fait un morceau qui s’appelle « Shuga Plum ». Ça s’est super bien passé pour une première. C’était rapide et ça m’a encouragé à continuer.

Anna : « Shuga Plum » c’est le morceau que vous avez fait ensemble que je préfère.

Romain : En plus, la prod est plutôt simple avec le sample de « Casse Noisette » et des grosses drums mais c’est assez efficace. Dans la foulée, je me suis chauffé à travailler avec plein de rappeurs locaux et ça m’a amené à faire deux compilations qui réunissaient Gabe ‘Nandez, des potes à lui et un pote à moi du lycée qui s’appelle Yohann. Ça s’appelait Bad Wake Up. Il y a eu deux volumes. C’était une expérience cool.

 

US : Anna, tu étais dans un trio avec deux autres musiciennes avant. Est-ce que c’était ton premier groupe ?

Anna : Mon premier vrai groupe de musique c’était ça, les Gypsy Chix. Mon père donne des cours de jazz manouche. Il voulait que je fasse de la guitare, il avait une étudiante qui était très douée et on connaissait une contrebassiste. Donc en gros, on a formé un groupe comme ça qui était plutôt singulier d’ailleurs, parce qu’il n’y a pas beaucoup de femmes dans le jazz manouche. D’où le nom, les Gypsy Chix que mon père a trouvé. Il en était fier (rires). On jouait dans des restaurants, des Bar Mitzvah, ce genre de trucs pour se faire de l’argent de poche. C’était mon premier job en fait. Je continue toujours le jazz manouche. Ça a toujours été mon plan B en fait. Mais les Gypsy Chix, c’est fini. C’était un trip et ça m’a donné de l’expérience de scène. C’était très formateur.

 

US : Vous êtes un jeune groupe mais vous avez déjà pas mal d’expérience en fait ?

Romain : Et on en est qu’au début. Lorsque je me suis mis à faire de la musique, j’ai décidé de voir ça comme un escalier où chaque jour était une marche à gravir.

 

US : Et où est-ce que te mène cet escalier ?

Romain : Mon objectif, c’est de faire entendre ma musique, de transmettre mes émotions et mon message. Je fais de la musique parce que j’adore ça mais je sais aussi que j’ai envie d’en vivre et que j’aimerais pouvoir ne faire que ça pour subvenir à mes besoins.

 

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« En grandissant, j’ai vu à quel point c’est difficile parfois (de vivre de la musique). Ça implique beaucoup de sacrifices. Mais de toutes les manières, il y a des sacrifices peu importe le job que tu fais.»

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

US : Je sais que vivre de la musique c’est un rêve pour beaucoup de jeunes artistes qui se lancent. Anna, tes parents en vivent. Qu’as-tu appris de leur expérience ?

Anna : Absolument. C’est tellement une galère qu’au début ça ne me donnait pas du tout envie de faire de la musique. Ce n’est pas seulement mes parents, en fait. C’est ma tante, mon oncle … Il n’y a que des intermittents du spectacle dans ma famille. En grandissant, j’ai vu à quel point c’est difficile parfois. Ça implique beaucoup de sacrifices. Mais de toutes les manières, il y a des sacrifices peu importe le job que tu fais … donc autant faire des sacrifices pour quelque chose que tu kiffes. Et puis, maintenant j’ai choisi, je suis totalement amoureuse de ce métier et je ne pourrai pas faire autre chose sans être malheureuse. Mais je sais qu’il y a des compromis à faire. Mes parents donnaient des cours de guitare et des cours de français à coté. Ma mère fait des voix sur les jeux vidéos par exemple … des trucs à droite à gauche pour aider.

 

US : Ça t’a appris à charbonner en fait ?

Anna : Ouais. En France, il y a encore ce régime d’intermittence du spectacle mais aux US, si tu peux faire 2 ou 3 shows le même jour, tu t’en fous, tu le fais. T’es responsable de toi même. C’est bien d’une part mais c’est vachement stressant d’autre part.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

« (le background multiculturel) est une richesse, ça apporte beaucoup à l’ouverture d’esprit et je suis très reconnaissante envers mes parents de m’avoir transmis ça (…)»

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬

US : Vous êtes tous les deux franco-américains. Qu’est-ce que ça signifie pour vous ce background multiculturel ?

Anna : Mon histoire, c’est que j’avais 11 ans quand je suis arrivé en Californie de Poitiers. J’étais trop mal pendant quelques années parce que lorsque tu arrives d’un autre pays, que tu as formé ta personnalité à travers un certain système de valeurs, ce n’est pas évident de la confronter à des gens qui sont très différents.  Ce qui était cool au collège à Poitiers, ce n’était plus cool dans mon highschool. Tu te demandes comment t’adapter. Et en plus, je n’avais aucune base. Je ne parlais pas anglais, j’étais complètement à l’ouest. Le revers de la médaille, c’est que tu n’as pas vraiment de repère pour te définir parce que tu te rends compte que tu es entre deux cultures. Néanmoins, ça veut dire que tu es également un « free agent », tu peux faire ce que tu veux. C’est une puissance intérieure importante. Ça permet aussi de se rendre compte que la culture de  laquelle on est issue n’est pas nécessairement la culture ultime. C’est une richesse, ça apporte beaucoup à l’ouverture d’esprit et je suis très reconnaissante envers mes parents de m’avoir transmis ça.

Romain : Moi, je suis né à Paris et j’ai vécu jusqu’à mes 4 ans ici. Après, j’ai déménagé et grandi aux US. Mais ce n’est pas comme si je ne connaissais pas la France non plus parce que l’été, je venais régulièrement. Donc j’ai eu cette chance de pouvoir pas mal voyager entre les deux et de rester au courant de ce qu’il se passe des deux cotés de l’Atlantique. Puisqu’on parle de multiculturalisme, je réalise que dans tous les endroits où j’ai vécu, il y a des scènes et des réseaux que j’ai eu envie d’intégrer. Quand j’étais à Montréal, qui est un lieu à la rencontre de plusieurs cultures, je me suis vraiment épanoui. J’y ai fait de belles rencontres et ça a donné lieu à de belles collaborations. C’est aussi un peu ce que je souhaiterais faire à Paris. Être dans l’échange.

 

US : Tu parles de Montréal. C’est un peu la ville qui est entre la France et US au final. Qu’est-ce que ça vous a fait de vous retrouvez dans un environnement a priori taillé pour vous ?

Romain : Ça nous a fait froid (rires).

Anna : Non mais en vrai, j’ai trop kiffé parce que j’ai toujours cherché le compromis entre la Anna française et la Anna américaine. Et là, j’arrive à Montréal ! Je peux être les deux, je peux parler les deux langues.

Romain : Moi, ça m’a juste permis d’être indépendant et de me construire loin d’un environnement qui ne me correspondait pas réellement en fait à New-York. J’ai un peu changé ma manière d’aborder mes relations avec les gens. J’étais mieux dans ma peau à partir du moment où j’ai commencé à faire du son et à rencontrer des personnes qui faisaient la même chose que moi. Ça m’a vraiment permis de me développer de manière positive. J’ai kiffé la facilité avec laquelle les gens se rencontrent. Là bas, il y a un esprit de communication. À Paris par exemple, ça ne se passe pas de la même manière. À Montréal, tu veux rencontrer un gars que tu kiffes qui fait du son, tu lui envoies un message et il va te répondre. Les gens se complimentent à travers internet même si ils ne se connaissent pas. Alors, qu’ici, j’ai l’impression que les cercles sont un peu plus fermés.

 

US : Comment vous vous sentez par rapport à la manière dont les gens ont reçu votre musique à Montréal ?

Romain : On a encore besoin de développer notre audience là bas. Il y a pas mal de gens qui nous kiffent là bas mais on n’a pas encore non plus un fan base gigantesque. C’est une scène qui m’a vachement inspirée et à laquelle j’ai encore envie de participer. Je pense qu’Anna aussi.

Anna :  Le public montréalais, c’est un public qui pourrait vraiment accrocher avec nous parce que c’est une communauté bilingue et il partage les mêmes références que nous. Ils baignent dans la culture américaine et reçoivent beaucoup l’influence française donc c’est le public idéal de ce point de vue.

Romain : On prend les opportunités là où elles se trouvent. En ce moment, c’est plus à Paris même si j’ai envie que Haute reste un projet montréalais d’une manière ou d’une autre.

US : Dans une interview que vous avez accordée précédemment, vous disiez que Haute c’était de la « Pop du futur » pourtant l’influence Hip-hop/R&B est très évidente.

Romain : Je parlais de « Pop du futur » parce que le Hip-hop c’est le présent et le futur en fait. Maintenant, le Hip-hop c’est la culture mainstream. Ça domine les radios, les charts et bien-sûr que nous sommes inspirés par la culture et l’esthétique du Hip-hop. Mais je pense aussi qu’on n’est pas seulement un groupe de Hip-hop parce que malgré la diversité de cette musique, il y a des thématiques prévalentes dans ce style qu’on n’aborde pas avec Haute.

Anna : Je n’y pense pas vraiment. C’est vrai que mes influences viennent du Hip-hop et du R&B. Lauryn Hill et Erykah Badu sont mes idoles, tout comme Amy Winehouse qui n’est pas une artiste Hip-hop.

 

US : Comment vous bossez ensemble en fait ?

Anna : Il y a deux manières principales. Soit je compose au piano ou a la guitare, et j’enregistre une petite démo que j’envoie à Romain, soit lui il m’envoie un morceau et je pose dessus.

Romain : C’est rare que l’on se retrouve pour composer ensemble. C’est souvent l’un qui démarre et l’autre qui complète. Parfois, je fais une prod et j’ai des idées de mélodies vocales que je lui soumets. Mais le jour où on aura du temps de studio ensemble, ça changera surement. D’ailleurs, on a déjà eu cette expérience en répétant pour des lives ou quelques idées sont arrivées en improvisant.

 

US : Vous êtes tous les deux d’accord sur le fait que Haute est votre projet principal même si vous vous laissez l’espace de collaborer à coté. Où est-ce que vous vous voyez dans 5 ans ?

Romain : Ça dépend de ce qu’on arrive à faire. Si dans 5 ans on n’a pas réussi à suffisamment communiquer notre musique, je pense qu’on réalisera à ce moment là qu’on devra passer à autre chose et je ne parle pas d’abandonner la musique. On aura peut être envie de s’essayer à autre chose avec d’autre gens. Après, si ça marche super bien et qu’Anna devient la prochaine Beyoncé (rires), ce sera un truc de malade. En tout cas, je suis chaud de continuer et de bosser dessus aussi longtemps que possible.

Anna : Je pense que si on ne réussit pas, c’est avant 5 ans qu’on s’en rendra compte. Mais on parle beaucoup de rêve à long terme. Dans 10 ans, peut être fonder un label parce que j’aime bien aussi toucher à la production en studio, enregistrer des gens, etc … On a vraiment un amour pour ce processus. Ça peut se traduire par bosser avec d’autres artistes et les aider à développer leur potentiel. Ça serait bien d’avoir cette position dans 5 ans.

Romain : J’aimerais bien qu’on ait réussi à s’exporter aux US aussi, parce que c’est la grande scène et le haut niveau là-bas.

US : Quels sont vos duos producteur/chanteur favoris ?

Anna : J’aime bien Aluna George. C’est un peu la même relation chanteuse/producteur qu’on peut avoir chez Haute. Et j’aime bien l’image qu’elle renvoie au sein du groupe. Elle n’est pas hyper-sexualisée comme beaucoup de chanteuse peuvent l’être dans la pop. Et puis, je trouve qu’il y a un bon équilibre entre les deux.

Romain : C’est pas un duo mais j’aime bien le travail de SBTRKT avec Sampha. Sinon les White Stripes sont cools.

 

US : Qu’est-ce qu’on peut attendre de vous dans les prochains mois ?

Romain : En ce moment, on travaille beaucoup sur les live parce qu’on veut de plus en plus performer. Sinon, j’ai fait pas mal de graphisme donc j’ai à cœur que l’on développe notre image.

Anna : Je suis assez d’accord avec Romain. Quand tu es artiste, tu livres un « full package » donc il faut qu’on se développe à tous les niveaux.

 

Le nouveau single de Haute « Rêverie » est disponible ici.

Propos recueillis par Jean Benoît Ndoki.

Comments

comments