La sortie sur nos écrans de Wonder Woman nous rappelle à quel point il est rare et important de voir de grosses productions Hollywoodiennes réalisées par des femmes.

Le film de Patty Jenkins qui cartonne partout dans le monde est seulement le troisième blockbuster (budget de plus de 100 millions de $) à être réalisé par une femme, signe que les studios sont toujours frileux lorsqu’il s’agit de laisser une grosse machine onéreuse aux mains d’une réalisatrice. Comme si l’action ne pouvait être que du fait de Michael Bay, viriliste à souhait. Comme à Cannes (une seule réalisatrice palmée), comme aux Oscars (une seule réalisatrice récompensée), difficile pour les femmes de se faire remarquer hors du circuit indépendant. Wonder Woman est d’autant plus symbolique qu’il met en scène une super-héroïne, chose rare depuis les accidents industriels Elektra et Catwoman. Les affiches ne mettent que l’actrice en avant, la communication appuie bien sur le côté girl power du film, autant dans le synopsis que du côté de la production. Tout le monde parle du grand blockbuster féministe.

 

 

Malheureusement le film ne l’est pas. Absolument pas. On a gardé l’humour déjà dispensé par les super-héros masculins, on égratigne le monde dominé par les hommes tout doucement, en rigolant, car il ne faudrait pas faire fuir les messieurs de la salle, l’actrice est belle mais son personnage n’a aucun charisme. À part une scène dans un No Man’s Land déjà culte, Wonder Woman cumule les dialogues naïfs et bêtes. Un discours humaniste tellement simpliste, tellement rabaissé, qu’on rigole un peu gêné par ce mauvais sort réservé à cette héroïne dans ce film. Alors, peut être qu’il fallait compter sur les séries pour parler un peu plus sérieusement et donner à des actrices de rôles de femmes incroyables, vraiment Wonder.

La saison 5 d’Orange is the New Black, disponible depuis le 09 juin 2017 sur Netflix, balaie les bonnes intentions de Wonder Woman et continue d’apporter un message politique et salvateur pour les femmes et aussi pose de belles questions sur le sort des minorités aux USA (femmes noires, musulmanes, lesbiennes, transsexuelles) représentées dans cette prison où elles combattent pour être traitées comme des femmes. Une saison plutôt inégale mais la fin laisse présager une belle saison 6.

 

 

Côté nouvelles séries : le choc est total du côté de The Handmaid’s Tale, série qui fait entrer Hulu dans la cour des  grands et qui sera diffusée sur OCS à partir du 27 juin. Dans cette série dystopique, les femmes ne sont plus des citoyennes et sont contrôlées par une société uniquement constituée d’hommes. La série est incroyable et fait écho avec l’élection récente de Donald Trump aux USA. Forcément politique, cette série saura jouer avec vos nerfs petit à petit jusqu’au final, point culminant, qui vous donnera sûrement une soif de révolte.

Du côté de HBO, Big Little Lies (disponible également sur OCS) aurait pu n’être qu’un soap opéra sur des femmes, des mères riches dans une petite banlieue américaine. C’est pourtant un très beau portrait de femmes, bien loin des clichés et des stéréotypes, servi par un casting parfait (Nicole Kidman et Laura Dern, toutes deux incroyables). Les violences ne sont pas toujours frontales et sont parfois même devenues si habituelles que certains des personnages ne comprennent pas qu’ils sont victimes. C’est beau et poignant, les cinq actrices portent cette saison sur leurs épaules et c’est d’une grâce renversante.

 

Sans compter que Top of the Lake saison 2 arrive avec encore Nicole Kidman et toujours Jane Campion, et que sur la plateforme d’Amazon Prime Video débarque I love Dick, qui traitera en autre du désir féminin, peut être qu’il faut désormais sur les séries pour raconter au grand public des histoires sur les femmes, avec des femmes, des histoires incroyables jamais cul-cul ou n’essayant jamais de faire plaisir un public masculin. En tout cas, Hollywood passe son tour.

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