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Cypher Raige (Will Smith) et son fils Kitai, seuls rescapés d’un crash, échouent sur Terre. Ils pénètrent en territoire hostile, là où plus aucun humain n’a posé le pied depuis un millénaire. Cypher blessé, c’est Kitai qui s’engage dans un périple à haut risque pour signaler leur présence et demander de l’aide. Il va explorer des lieux inconnus, affronter les espèces animales qui ont évolué et combattre une créature extraterrestre redoutable qui s’est échappée au moment du crash.
Pour avoir une chance de rentrer chez eux, père et fils vont devoir apprendre à œuvrer ensemble et à se faire confiance…

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Avant toute conclusion sur le genre de la science-fiction en lui-même, After Earth marque surtout la chute du M. Night Shyamalan, l’ancien prodige hollywoodien de la fin des 90’s, l’ancien nouvel Hitchcock tout juste bon aujourd’hui à commettre des blockbusters sans âme. C’en est même pire avec After Earth, sorte de film de famille géant à plusieurs millions de dollars où tous les membres de la famille Smith doivent être présents.

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Inutile donc à première vue de rester plus longtemps sur After Earth, sauf que… ce film, loin d’être un chef-d’oeuvre on l’aura compris est représentatif de cette nouvelle mode de la Science-Fiction à Hollywood qui après quelques années de purgatoire s’offre une seconde jeunesse. La preuve en est cette année 2013 durant laquelle une bonne vingtaine de films, franchisés ou originaux, tentent de se réapproprier le genre en jouant sur les grandes peurs du moment et thèmes d’actualité (surpopulation, pollution, réchauffement climatique etc…). Mais avant toute chose un bref rappel des faits…

1968, naissance de la SF?

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Comme il faut un début à tout et que l’on essaye tant bien que mal d’être originaux, ce n’est ni en 1902 (Le Voyage dans la Lune de Meliès) ni en 1927 (Metropolis de Fritz Lang) que l’on datera la naissance de la science-fiction mais en 1968. Pourquoi 68? Parce que c’est l’année de sortie de 2001, Odyssée de l’Espace de Stanley Kubrick, La Planète des Singes de Franklin Schaffner et La Nuit des Morts-Vivans de George Romero. Trois films très différents mais qui chacun à leur manière font sortir la science-fiction de « l’enfance » pour l’amener sur le terrain métaphysique et politique (peur du nucléaire, recherche d’un ailleurs, références aux expériences hallucinogènes des 60’s et aux nombreuses révoltes étudiantes et ouvrières…)

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1982: la parenthèse enchantée

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L’autre grande année de la science-fiction serait 1982 (et pas 77 celle de Star Wars ou 79 et Rencontres du Troisième Type), l’année de Mad Max 2 mais surtout de… Blade Runner de Ridley Scott! Première adaptation d’un roman de Philip K. Dick, le chef-d’oeuvre de Ridley Scott (qui signe trois ans avant Alien) ramène la science-fiction sur Terre où en tout cas dans des environnements urbains proches des nôtres et installe une frontière de plus en plus floue entre l’Homme et la Machine. Directement ou pas, Ridley Scott va inspirer de nombreux auteurs après lui comme Cronenberg, Cameron ou encore Verhoeven.

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Retour vers le Futur: aujourd’hui

Brûlons les étapes et nous revoilà en 2013, l’année du renouveau de la SF ou de sa mise à mort. Difficile en effet de ne pas être perplexe devant la vingtaine de films qui sortent, sont sortis ou vont sortir en 2013 et surtout difficile de faire le tri entre ce qui relève du navet assumé (Riddick, La Stratégie Ender ou même Pacific Rim) ou de la pub pour star en déclin (After Earth pour Will Smith, Oblivion pour Tom Cruise).

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La science-fiction semble alors devenir la voie de garage des vieilles gloires (n’oublions pas Harrison Ford dans La Stratégie Ender), l’entretien d’embauche de nouveaux réalisateurs-toutous des studios comme Joseph Kosinsky ou Scott Charles Stewart (qui se rappelera d’eux en septembre??) ou une phase de transition pour auteurs talentueux qui ont tout intérêt à faire un blockuster bankable s’ils veulent un jour faire leur oeuvre personnelle mais à gros budgets. C’est le cas de Guillermo del Toro, génial auteur du Labyrinthe de Pan et HellBoy « obligé » en 2013 de se farcir un ridicule Pacific Rim où des robots téléguidés géants se foutent sur la gueule avec des monstres non moins géants sortis de la mer. Bon y’a Idris Elba on ira sans doute voir mais ça a l’air un peu lourd quand même non?!

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Mais tout n’est heureusement pas perdu et l’on peut compter sur deux grands talents, l’un connu du grand public comme l’héritier des Spielberg et Lucas: J.J Abrams et l’autre un souffle de liberté et de créativité venu d’Afrique du Sud: Neil Blomkamp.

Tout d’abord Star Trek: Into Darkness est l’ocasion de confirmer la belle réussite (et surprise) qu’avait été le premier volet sorti en 2009. J.J Abrams, surtout connu pour Alias et Lost (oublions Mission Imposible 3) réussit à dépoussiérer un mythe télé et ciné en se démarquant de l’ancienne franchise tout en étant dans sa continuité: un sequel, un prequel et un reboot dans le même film!

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Mais c’est surtout Neil BlomKamp et son Elyseum que l’on attend. Trois ans après District 9, le réalisateur sud-africain continue sur sa lancée de SF sociale et signe une sorte de lutte des classes futuriste où en 2159, deux classes sociales subsistent: les riches qui vivent dans une station spatiale et les autres qui vivent sur une Terre ruinée et surpeuplée. Un homme accepte une mission qui pourrait ramener l’égalité entre les deux mondes et sauver des millions de gens sur Terre.

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Le film semble revenir aux originaux de la science-fiction et prendre le meilleur des deux mondes: le sens du spectacle made in Hollywood avec un casting de malade (Matt Damon, Jodie Foster entre autres) et un budget conséquent mais aussi et surtout une attention aux bruits du Monde, une conscience aiguë des enjeux sociaux, environnementaux et géopolitiques de ces prochaines années, marque de fabrique des grands auteurs.

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La Science-Fiction risque bien d’être sauvée tous comptes faits!

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