Aujourd’hui, on vous livre l’interview d’Enock qui est à l’initiative de ces événements incontournables qui ont réussi à s’imposer dans le milieu de la culture hip-hop en France : le Beatmaker Contest et le Beatdance Contest.
Et c’est demain qu’a d’ailleurs lieu  le Beatdance Contest… ambiance festive et chaleureuse, on est sûr que ça va vous donner envie d’aller assister à ces battles confrontant à la fois les bons gros beats de producteurs et les performances hallucinantes de danseurs.

 

 

Union Street : Pourrais te présenter pour commencer s’il te plait ?

Enock : Enock, j’ai 38 ans. J’ai découvert le hip-hop dans les années 80. J’avais des cousins qui étaient dedans, qui dansaient et graffaient. J’ai finalement vraiment intégré la discipline du hip-hop en 92. J’ai commencé à côtoyer des mecs qui rappaient. Je regardais David Sheer qui faisait du son chez lui qui a côtoyé DJ Mehdi et Yann Kesz. Eux avaient déjà un gros niveau, une grosse culture et une personnalité musicale. En 94, j’ai moi aussi commencé à faire du son. De fil en aiguille, j’ai acheté le sampleur S-330 de Roland.

On a commencé à former des groupes, des noyaux, des crews sur Colombes dans le 92 d’où je viens.

Dans notre groupe, il y avait des gens qui avaient un pied aux États-Unis, ou qui avaient la double nationalité. Ils nous ramenaient des cassettes vidéo et des clips de là-bas. On s’y intéressait beaucoup, mais on s’intéressait surtout à la radio, comme Radio Nova ou Génération. Ça m’a vraiment passionné et je regardais qui produisait les beats sur les vinyles.

Petit à petit, je me suis fais ma discographie et j’ai pu apprendre le nom des artistes, des instruments, et des labels qui avaient leur propre identité musicale.
J’ai sorti des albums quand j’étais beatmaker, mais ce n’était que de l’indépendant. Vers 99-2000 et jusqu’en 2010, il y a eu Amara, Mecs d’en bas ou i.M.O & NESY.

Je fais de la vidéo depuis 2006 et j’ai créé le Beatmaker Contest en 2007. Aujourd’hui, je suis entre les événements, la vidéo et je continue un peu de son mais juste pour moi.

 

US : Peux-tu nous parler de ta façon de faire de la musique quand tu as commencé ?

 E : Quand j’ai commencé à faire du son, je ne faisais que sampler. Je découpais, je déstructurais et je jouais autrement. J’étais très soul et c’était beaucoup l’époque de DJ Premier et de Pete Rock.

Ce n’était pas évident d’avoir son propre style de son, mais te développer avec ton groupe pouvait te permettre d’amener une identité musicale. Tu pouvais avoir des demandes de sons aussi, mais le souci c’est qu’à l’époque, j’entendais toujours qu’on était trop cainri.

Quand Sony par exemple te demandait des sons, que tu arrivais avec 100 musiques et qu’ils te disaient « c’est bien mais il n’y a pas plus simple ? Tu n’as pas un truc qui tourne en boucle ? », soit tu leur disais que tu allais le faire, soit tu leur disais qu’ils prenaient ce que tu leur proposais et c’est tout. Après tout, ils t’ont connu parce que tu faisais un style de musique, donc pourquoi leur proposer autre chose ?

En tant que beatmakers, les mecs ont commencé à se dire que soit il fallait se spécialiser pour les commandes, soit il fallait composer sa propre musique en faisant juste ce qu’ils aimaient, et que si un jour ça venait à fonctionner ça serait comme ils étaient réellement. Ça, il faut le comprendre assez vite parce que tu peux rapidement devenir aigri.

Si tu t’assumes, il faut une évidence musicale c’est-à-dire une musique que personne ne fait et sur laquelle ça paraît évident pour un rappeur de poser dessus.
Parfois, les sons sont tellement déstructurés que les rappeurs disent qu’ils ne se sentent pas capables de poser dessus. Des gens arrivent très bien à combiner les deux.

Moi je me suis dit que je voulais faire mes trucs, et que si les gens prenaient ou pas je m’en foutais.

 

 

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« Maintenant dans le beatmaking on est plus dans la composition et l’orchestration d’un son (…) L’arrangement de la musique fait qu’elle peut vivre toute seule sans parole ».

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US : Comment définirais-tu le beatmaking?

E: Par rapport à toute l’évolution qu’il y a eu, il n’y a pas de définition propre. Le beatmaker à la base, c’est un mec qui avait un sampleur je dirais dans les années 80.

Mais à la base le sampleur n’a pas été crée pour le hip-hop. Il a été créé pour des mecs qui faisaient du rock. Les gens du hip-hop se sont appropriés cette machine pour faire du son. C’était une question de moyens.

Ça a créé un nouveau mouvement, mais aussi un business, le « clearing ». Les maisons de disques n’ont pas boycotté, au contraire elles ont dit « si vous faites votre propre musique et votre propre style à partir d’une musique qui existe déjà, il faut déclarer ! ». Ça leur a rapporté de l’argent tout ça.

Il y a ceux qui déclarent et qui reprennent un sample tout en y mettant leur patte et en le réactualisant. Et il y a ceux qui n’ont pas les droits mais qui vont quand même sampler en déformant un maximum pour que ça ne se reconnaisse pas. En tout cas aujourd’hui, c’est quasiment fini les sons qui cartonnent avec des gros samples.

 

US : À quel moment serait apparu le beatmaking selon toi ?

E : Le beatmaker était bien particulier au hip-hop. Le nom est sorti de ce mouvement.
Au début c’est le DJ qui faisait ces boucles de breakbeat sur ses platines vinyle. C’était celui qui accompagnait le rappeur sur scène ou celui qui mixait dans une soirée.

Après il y a eu les « producteurs » dans les années 90. Moi J’ai connu le mot beatmaker après avoir commencé à faire du son en tant que « producteur ». A la fin des années 90, le nom beatmaker est devenu plus courant.

 

US : Penses-tu que ce soit lié aux boîtes à rythmes ?

E : Non, parce que les boîtes à rythmes sont arrivées avant dans les années 80. Elles existaient déjà. Est-ce que c’est quand les producteurs ont commencé à devenir des artistes à part entière que le terme « beatmaker » est sorti du lot ? Ça je ne sais pas.

 

US : Ne crois-tu pas aussi que le terme de beatmaker se soit imposé parce que les producteurs se sont détachés des rappeurs et ont composé autrement à un moment donné ?

E : Oui, exactement c’était le plus adapté pour poser une beat tape ou pour proposer un album en featuring avec des rappeurs.

Maintenant dans le beatmaking on est plus dans la composition et l’orchestration d’un son plutôt que de laisser tourner une boucle. L’arrangement de la musique fait qu’elle peut vivre toute seule sans parole.

 

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 » (…) c’était d’essayer de faire un événement beatmaking, un évènement sur une discipline que personne ne calcule, qui était sans reconnaissance ou juste connue des gens qui écoutaient du rap ».

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US : Peux-tu nous parler du Beatmaker Contest ?

 E : On a crée cet événement en 2007. Il existait un beat battle du nom de Talent de Compo qui n’a pas duré longtemps. Et moi, j’ai voulu refaire autrement en m’inspirant aussi des États-Unis où ça existait depuis un moment.

C’était Red Bull Big Tune aux Etats-Unis en 2005 je crois qui avait organisé un battle. Donc c’était un gros truc avec de l’image. Ils voulaient mettre un visage sur de la musique et sur la composition.

En France, il n’y avait pas ce truc là. Et ce que j’ai constaté, c’est qu’ici on faisait nos événements et qu’après on ne calculait plus les gens qui y venaient, comme si on voulait juste profiter d’eux et puis « salut, vous revenez l’année prochaine ».

Le truc, c’était d’essayer de faire un événement beatmaking, un évènement sur une discipline que personne ne calcule, qui était sans reconnaissance ou juste connue des gens qui écoutaient du rap.

Nous, on a proposé ça comme un show, c’est-à-dire avec une vraie scène. On a commencé dans une petite salle mais c’était important qu’il y ait de la lumière, de la fumée, un présentateur. Aux Etats-Unis, ça marche parce qu’ils présentent bien et qu’ils font le show. C’est important de mettre les moyens sur la scène et l’image. Donc on a aussi misé sur les vidéos, la captation du son et les photos.

On a voulu prendre le temps de développer le truc. On voulait aller doucement dans la progression. Je préférais tabler sur 300 personnes, et puis si ça montait d’une année sur l’autre c’était tant mieux. Il fallait chercher à se remettre en question et essayer d’aller encore plus haut ensuite.

 

US : Aujourd’hui, qu’a apporté concrètement le Beatmaker Contest depuis ses débuts ?

E : On a un visage sur des beatmakers même si ce n’est pas que grâce à l’événement. Mais moi je suis content quand par exemple Nodey place des instrus que des mecs entendent pour la première fois au Beatmaker Contest, et que le public a une réaction positive en entendant ça. Le fait d’enlever le rappeur, t’es directement face au public.

Et puis on est dans l’ère d’internet : on se like, on se parle, mais on ne se voit pas. Il n’y a plus de studio d’enregistrement, donc plus de liens.

Là on se rencontre, on se voit, on peut se dire directement « tiens c’est toi qui a fait ça, mortel ». Ça fait des connexions. Les mecs partagent la musique et se disent « tiens, je passe chez toi pour savoir comment tu fais ». Tu as plein de mecs qui se sont connus via l’événement et qui ont appris à bosser ensemble.

 

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 » Quand tu vas en Suisse, tu te prends une claque. Les mecs sont déjà loin, ils ont un style et une maturité musicale de folie, mais ils galèrent plus que nous. « 

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US : Tout ça permet un échange de pratiques et de techniques aussi ?

E : Oui, et un renouvellement aussi.  Quand on a commencé justement, il y avait le beatmaking classique avec la boucle qui tournait. Et puis au fur et à mesure, on a eu cette progression de composition. A la base, le Beatmaker Contest, c’était le battle des compositeurs hip-hop. Et on est arrivé dans le côté orchestration, c’est-à-dire à une variation de la musique.

En 2011, quand Oliver a gagné le Battle avec le festival Armature à Issy les Moulineaux en rendant tout le monde fou avec son orchestration, ça a donné une autre direction aux battles.

Mais c’est difficile quand tu rencontres un beatmaker de définir l’orchestration. Quand tu lui disais qu’en une minute sa musique devait changer pendant le battle, en fait ce qu’il faisait c’était qu’il te faisait deux ou trois sons complètement différents mais qui n’avaient aucun rapport. Il n’y avait pas cette orchestration qui faisait que t’étais toujours sur la même musique, t’étais ailleurs.

Donc il y a eu des tâtonnements pour que ce soit fluide et qu’il y ait du groove. Les mecs ont fini par trouver leur propre identité musicale. Maintenant, il faudrait autre chose parce qu’on commence à tourner en rond. Il faudrait aller ailleurs pour trouver d’autres styles avec une maturité musicale.

Quand tu vas en Suisse, tu te prends une claque. Les mecs sont déjà loin, ils ont un style et une maturité musicale de folie, mais ils galèrent plus que nous. Pourtant, ils ont de gros festivals depuis des années là-bas, ils partagent, il y a un échange de compétences.

 

US : Peux-tu maintenant nous parler du Beatdance Contest ?

 E : Sur une idée de Vicelow, le Beatdance c’est entre beatmaking et danse ; ça a encore redonné un autre dynamisme.

On garde le concept et les battles mais on modifie un peu le règlement. C’était pour créer un autre dynamisme et un autre partage en fait. Les danseurs prenaient des sons de beatmakers, mais ne les connaissaient pas, ils savaient pas de qui c’était.
Ça s’est bien complété. Le public qui vient pour apprécier la danse peut aussi découvrir les sons des beatmakers.
La danse a beaucoup plus de visibilité et ça a permis aux beatmakers de commencer à tourner, d’avoir des plans avec des danseurs.

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 » Sur des battles, j’écoutais des mecs et je leur disais « mais vous avez quel âge ? ». Ils me répondaient « j’ai 15 », « j’ai 18 », et je me disais « mais à ton âge, qu’est-ce que tu as écouté pour pouvoir créer ce genre de musique ?  « .

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US : Quelles évolutions constates-tu d’année en année à travers les battles ?

E : Je pense qu’on est arrivé à un truc qui est très mature, même pour des jeunes qui ont 17-18 ans. Sur des battles, j’écoutais des mecs et je leur disais « mais vous avez quel âge ? ». Ils me répondaient « j’ai 15 », « j’ai 18 », et je me disais « mais à ton âge, qu’est-ce que tu as écouté pour pouvoir créer ce genre de musique ? ». Il y a tellement de mélange de styles dans leur musique.

Internet y est pour beaucoup. Ça a tellement ramené la musique facilement qu’ils se sont diversifiés. Nous, on était trop restreint dans un style de rap, entre New York et Los Angeles. Là, tu as une variété et dans l’instru, la rythmique s’est enrichie des autres styles. Je pense que la barrière a été franchi comme ça. L’électro des années 2000 a par exemple aussi enrichi le hip-hop.

 

US : Tu trouves ça bien  que le beatmaking permette au hip-hop d’être plus que jamais à la croisée de tous les styles ?

 E : Oui de toute façon la culture hip-hop, ça ne peut pas être tout droit, ce n’est pas possible car tu t’enrichis forcément.

Certains mecs ne font pas de hip-hop mais vont te dire qu’ils sont calés dessus.

Dans la culture hip-hop, pour des beatmakers comme Jay-Dee, Dr Dre ou Kanye West par exemple, les gens ont reconnu leur art et leur créativité. Et même s’ils utilisaient le sample, ce n’était pas ça qui était important mais la manière dont ils ont amené les choses.

Tu peux te demander si tu vas rénover, innover ou réinventer et pourtant ta culture hip-hop elle reste hip-hop.

 

US : Penses-tu qu’un mec qui n’a pas spécialement de bagage hip-hop et qui mélange comme ça tous les styles est crédible quand il dit qu’il est beatmaker?

E : Oui. Tout le monde est crédible quand il fait du son. Si ta musique est bonne, tu es crédible. Si ta musique n’est pas bonne, tu n’es pas crédible, c’est tout. Qui est légitime pour dire « ça c’est du hip-hop, ça, ça ne l’est pas ». Le hip-hop, c’est toi et ce que tu vas amener qualitativement. Peu importe si on aime, c’est la démarche qui compte.

C’est peut-être réactionnaire mais par contre pour moi (à moins que tu sois un génie), tu ne peux pas en un mois dire « moi je fais du son, je partage ma musique, je suis musicien, je suis un beatmaker ».
Ça veut dire que tu ne sais pas définir ton niveau par rapport à quelqu’un qui est déjà là depuis un moment.

Des mecs qui avaient perdu des battles ont pris des gifles comme ça et ont reconnu qu’ils n’avaient pas le niveau. Ils se sont dit qu’ils n’avaient pas le level et qu’ils allaient revenir l’année d’après. Et l’année d’après, ils revenaient et ils gagnaient.

Et moi, j’entends la progression quand ils reviennent ; j’entends qu’ils ont travaillé des heures leurs beats, leurs caisses claires, leurs grooves etc.

 

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 » Les rappeurs ne peuvent plus aller voir un beatmaker et dire « moi je veux ça ». Il va falloir écouter et discuter pour comprendre ce que les deux ont en tête » .

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US : Aujourd’hui, ne serait-ce pas plus le beatmaker qui sélectionne le rappeur avec qui il va faire le featuring ?

E : Ça n’a pas toujours été comme ça, mais je l’ai vu à force de faire des battles oui. Au début, les beatmakers avaient besoin des rappeurs. Mais plus ça allait, plus ça les saoulait. Donc ils ont commencé à s’émanciper du rap et ont essayé de faire leur beat tape. C’est comme ça qu’ils ont commencé à sélectionner les mecs avec qui ils voulaient bosser.

Là, on revient quand même plus à un accord entre eux : c’est plus un travail en commun entre artistes, entre un mec qui fait du son et un mec qui rap. C’est plus un projet où ils discutent, où ils créent une entité musicale ensemble.
Les rappeurs ne peuvent plus aller voir un beatmaker et dire « moi je veux ça ». Il va falloir écouter et discuter pour comprendre ce que les deux ont en tête.

Maintenant les beatmakers tournent seuls, vont dans les soirées, proposent des live, font tourner leurs sons, voient que les gens dansent… ils sont reconnus en tant que beatmakers comme Myth Syzer ou Kaytranada.

Mais je pense que celui qui a levé le truc, c’est Flying Lotus. Il est arrivé avec sa musique, avec des images oufs, des clips de fou, des danseurs…il s’amusait !
Ça fait des années que je dis qu’il faut faire ça. Il faut faire vivre sa musique autrement.

Les rappeurs maintenant reconnaissent aussi beaucoup les beatmakers. Je pense que Booba a permis ça en commençant à les mettre beaucoup en avant. On a commencé à beaucoup s’intéresser à la personne qui produisait les sons. Et quand il citait un nom, tous les mecs voulaient bosser avec. A chaque fois qu’il sortait un album c’était pareil.

Les maisons de disques ont commencé à beaucoup signer avec eux aussi. Et puis on a commencé à les entendre dans les pubs.

Mais je pense qu’il manque encore un truc. Je pense qu’il faut vraiment faire ses propres clips et raconter des trucs. Des beatmakers le font, mais ça tâtonne encore. Pourquoi ? Parce qu’ils te diront qu’ils font du son et puis c’est tout. Alors que les rappeurs se voient comme des business man qui font tout et qui gèrent tout.

Et puis ils doivent se voir autrement que comme « des petits beatmakers ». Est-ce qu’un beatmaker déjà va se dire musicien ? Est-ce que faire des instrus de rap, ce n’est pas être musicien ?

 

US : Avec le Beatmaker Contest, tu essaies d’amener cette reconnaissance ?

E : On essaie tous ensemble. Il faut aussi que les mecs qui participent se sentent concernés par mon événement. Et ceux qui sont sortis du lot, ce sont les beatmakers qui se sont vraiment impliqués dans le BMC. Tu as Tismé ou Nodey par exemple. Les deux font partis des Beatmakers phares du BMC.

Il y a aussi Ouz’one, Stanza, Oliver DrumDreamers, Monk, Dixit, Ikaz, Gyver, MKL, Blacksmith….
Et en Suisse, t’as tous les mecs de chez Colors Records, comme Classik et Pink Flamingo. Ce sont des mecs que l’on a connu là-bas.

 

US : Ok ! Merci pour cette interview et toutes ces infos ! J’en ai fini avec mes questions.

E : Merci aussi !

 

 

Propos recueillis par Coralie Leroy

 

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