dinos x tealer

C’est dans un petit café près du canal St Martin que nous avons rencontré un Dinos Punchlinovic très détendu. Avec la sortie de son premier EP L’alchimiste, le jeune rappeur, qui avec ses rimes riches emplies de références, de jeux mots et de « clever lines » en tous genres, se tient près à apporter sa contribution au temple sacré du Rap Français. Aperçu pour la première fois lors des Rap Contenders, la ligue de battle rap qui a joué un rôle indéniable dans la mise en avant d’une nouvelle génération de Emcees en France, Union Street s’est posé avec la relève, fraichement signé chez Def Jam France, pour en savoir un peu plus.

 

Union Street: Bonjour Dinos. Est ce que tu peux te présenter à nos lecteurs en quelques mots?

Dinos Punchlinovic: Bonjour. Dinos Punchlinovic. 20 ans. Emcee de la Courneuve.

 

US: Depuis combien de temps tu rappes et comment tu as commencé?

DP: Je rappe depuis 5 ans. Au début, je m’amusais à reprendre des couplets de rappeurs que j’aimais bien et plus tard je me suis mis à écrire mes propres textes.

 

US: De quel rappeur par exemple?

DP: Seth Gueko. C’est vraiment un rappeur que j’ai beaucoup écouté.

US: Qu’est ce que tu écoutais d’autre en grandissant?

DP: J’ai un grand frère qui écoutait pas mal de rap: le Secteur Ä, les Neg’ Marrons, ce genre de choses donc forcément j’ai aussi écouté ça. Mais aussi Booba, les rappeurs de chez Néochrome, Eminem, Jay-Z, Dipset. Sinon, récemment j’ai écouté pas mal de Mac Miller, j’aime bien Joey Bada$$ aussi.

 

US: On t’a pour la première fois découvert lors de la Draft de la ligue de battle rap Rap Contenders. Comment tu as vécu cette expérience et qu’est ce que ça t’a apporté en tant que rappeur?

DP: Mes potes et moi, on passe notre temps à se charrier quand on traîne ensemble. Donc quand j’ai entendu parlé de ce truc, ça m’a tout de suite tenté. Après c’était une bonne expérience. Ça m’a permis d’avoir pas mal d’exposition et aussi de prendre confiance sur scène.

 

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C’était important pour moi de vite leur faire comprendre que je n’étais pas un «battle rappeur» mais un rappeur tout court

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US: Oui. En plus le public des Rap Contenders peut être particulièrement hostile.

DP: C’est sûr. Mais je pense que le plus gros stress c’est d’oublier son texte. Donc je dis à tous ceux qui veulent y participer: ça ne sert à rien d’y aller si on est pas sûr de soi et super bien préparer.

 

US: En parlant de préparation. Comment tu abordais la chose?

DP: Je cherchais des dossiers sur mes adversaires. Je regardais leurs vidéos et le moindre détail qui puisse leurs porter préjudice, je l’utilise contre eux. Après je m’assure de bien mémoriser mon texte.

 

US: D’ailleurs, ça t’est déjà arriver d’oublier ton texte?

DP: Jamais, heureusement (rire).

 

US: On sait que les Rap Contenders donnent pas mal d’exposition au rappeurs. Ceci dit, être bon au RC ne veut pas forcément dire avoir une impact hors du circuit et vice versa. À  ton avis, qu’est ce qu’il faut pour réussir à faire cette transition?

DP: Le talent principalement. Et aussi la perception que le public à de toi compte. C’était important pour moi de vite leur faire comprendre que je n’étais pas un «battle rappeur» mais un rappeur tout court. Les gens me demandent toujours c’est quand mon prochain battle.

 

US: Ouai. Tu avais sorti une vidéo freestyle entre deux battles, il me semble?

DP: Oui en studio avec Nakk et Zekwe.

 

US: Tu sors le projet L’alchimiste. Parles nous en un peu. Comment s’est passé sa réalisation?

DP: En 2010, j’avais déjà mis sur internet une compilation de morceaux que j’avais enregistré. C’était un peu un récapitulatif. L’alchimiste, pour le coup, c’est mon premier vrai projet. J’ai enregistré pas mal de titres. Je partais sur une mixtape et au final j’ai fini sur un gros EP. Le format correspondait mieux à une introduction.

US: Pourquoi l’avoir appelé L’alchimiste?

DP: En fait, je cherchais un titre pour le projet et je suis retombé sur le roman de Paulo Coelho du même nom que j’avais beaucoup aimé et c’est tombé comme une évidence (le thème du roman est l’accomplissement de soi et des projets personnels grace à la volonté, ndlr).

 

US: Quels sont les thèmes que tu abordes sur ce projet?

DP: Il y en a beaucoup mais principalement de moi, de mon entourage, etc.. Il faut écouter le projet pour savoir.

 

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J’ai toujours su que la musique c’était ce que je voulais faire donc je n’aurai probablement rien fait d’autre.

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US: En parlant de ton entourage, tu fais parti d’un collectif qui s’appelle Capsule Corps. Qu’est ce que c’est?

DP: J’ai créé ce collectif quand j’étais au lycée. C’est ma bande de pote. Les gens avec qui je suis au quotidien. Il y en a qui rappent mais ce n’est rien de vraiment structuré.

 

US: On a vu que tu avais récemment signé chez Def Jam Recording France. Qu’est ce que ça va changer pour toi?

DP: Ça va surtout m’apporter plus de confort pour pouvoir faire ma musique. Une meilleur exposition, une meilleur promotion.

 

US: Du coup, tu bosses sur de la nouvelle musique?

DP: Oui, un album. J’ai déjà quelques morceaux.

 

US: Pour finir. Si tu n’avais pas fait de la musique, qu’est ce tu aurais fait?

DP: J’ai toujours su que la musique c’était ce que je voulais faire donc je n’aurai probablement rien fait d’autre.

 

Interview: Jean Benoit Ndoki & Erwan O’Gara

Merci à MPC Prod et à Florent

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