Ce mois ci à la Flaq, Mario Ansalone, Matteo Lamberti et Gabriel Muller présente Riccardo Angelini et sa « Monstrueuse Parade » du 16 novembre au 15 décembre. Originaire de Fermo et diplomé de l’Académie des Beaux Arts de Bologne, Riccardo vie et travail entre Bologne, Paris et Moresco. J’ai eu l’occasion de le rencontrer pendant la préparation de son exposition. Durant ce lapse de temps, nous avons pu discuter de sa démarche artistique pour que vous compreniez celui que vous allez voir exposé à la Flaq.

 

UnionStreet : Peux tu me présenter un peu ton univers artistique ?

Riccardo : Au cours de mes dernières recherches, j’ai créé une série de personnage autonomes les uns des autres pour la plupart. Malgré cette autosuffisance, ils sont tous liés à moi, ils viennent de mon subconscient, de mon vécu, de l’actualité que je vie et des drames existentiels que nous vivons et avons tous vécu. Ils ont des défauts physiques et sentimentaux, il y a de la souffrance en chacun d’eux. Pourtant, il y a des tableaux qui sont liés entre eux comme cet homme et cette jeune fille. Ici, c’est un drame familiale que j’ai voulu retranscrire, ce sont des tableaux violent mais doux à la fois car les personnages sont présentés sur un fond rose…

    

L'Arlecchino delle Puglie, 2011, 100x140cm

 

Il y a également ce tableau auquel je suis beaucoup attaché, il s’appel Birke-Now, c’est un hommage aux personnes qui ont vécu la shoah. C’est un épisode marquant de mon histoire, c’est assez inexplicable mais c’est l’oeuvre qui m’évoque le plus de choses et dont j’aurai plus de mal à me défaire.

Birke-Now

US : Comment explique tu l’omniprésence des portraits ?

Riccardo : Pendant une longue période, je me suis concentré sur le visage, j’en ai fais différentes représentations. Je m’étais spécialisé sur les têtes en fait, je ne leur ai ajouté des corps que depuis peu. Le personnage qui présente l’expo, le « Jeune Heidegger » fut le premier personnage auquel j’ai ajouté un buste, il a été le point de départ d’une nouvelle série d’étude que je présente ce mois ci.

 

US  : Pourquoi la photo ?

Riccardo : La photo résulte d’une recherche, c’est un univers qui tourne autour de mon style graphique. Dans ces photos, je découpe une partie de l’image pour en créer une autre, je cherche la forme dans le difforme. Une fois le personnage trouvé, je le libère de sa forme, cela se traduit par des visages, des silhouettes, des vanités. Dans le chaos, je vois des formes, par exemple, dans la vanité, on aperçoit des dents, 36 plus exactement comme une mâchoire humaine. C’est extraordinaire car c’était inattendu et que cela résulte de mouvement totalement aléatoire.

Je m’approprie les arts plastiques que je touche. La plupart des photos étaient au début sur fond noir, ensuite j’ai intégré des personnages chimériques  C’est-à-dire des personnages que l’on aperçoit mais qu’on ne parvient pas à distinguer.

US : Tu te considères comme un peintre-photographe ?

Riccardo : La peinture est un besoin pour moi, tu t’exprimes avec ta bouche, un papier et un stylo, moi avec ma peinture. La photo m’a permis de retourner vers la peinture, j’ai retrouvé cette nécessité que j’avais perdu au cours de mes recherches.  En faisant de la photo, j’ai retrouvé cette même poésie, ce même sentiment qu’avec mes dessins, la base de tout mon travail.

US : Sur ton site, on peut voir aussi ce que tu appelles du « Liquid Painting », tu peux nous en dire plus la dessus ?

Riccardo : Le liquid painting était à la base une performance que j’avais réalisée. Cela consistait à faire un tableau avec des couleurs comestibles. Certaines sont faites avec de la glace, du vinaigre, des fruits rouges ou encore du yahourt grecque. Cela me permet d’exprimer mon état d’esprit, ce que je ressens sur le présent. En réalité, c’est ce que j’essaie de faire au travers de mes différents univers.

 

Ce tableau par exemple, c’est l’essence de mon univers chimérique, ça regroupe la photo, le dessin et la peinture !

Si cela vous a plus, nous invitons au vernissage qui se déroulera vendredi 16 novembre à la Flaq, 36 rue Quincampoix 75004 PARIS Métro Rambuteau ou Châtelet (à deux pas du Centre Pompidou)

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