Alors que Tony Stark tente de relancer un programme de maintien de la paix jusque-là suspendu, les choses tournent mal et les super-héros Iron Man, Captain America, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye vont devoir à nouveau unir leurs forces pour combattre le plus puissant de leurs adversaires : le terrible Ultron, un être technologique terrifiant qui s’est juré d’éradiquer l’espèce humaine.

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Joss Whedon reprend les commandes du navire Avengers  après le premier opus, sorte de fourre-tout Marvel hyper joussif qui avait surpris pas mal de monde à l’époque, fans de la première heure comme simples curieux. Avec Age of Ultron, Whedon passe ici la vitesse supérieure avec encore plus de héros mais laisse tomber un petit truc au passage : la fraîcheur et ce goût d’inattendu qui avait charmé tout le monde en 2012.

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Le réalisateur semble même être au courant de cet état de fait et la fatigue et la lassitude aidant, il cherche avant tout à satisfaire des fans toujours insatiables, à la recherche de plus d’action, plus de super-héros, de super villains et de combats épiques. Et c’est là que réside sans doute le principal problème d’Avengers : l’ère d’Ultron. En pensant trop aux fans et à rentabiliser un budget colossal de 250 millions de dollars, l’ami Joss a oublié l’essentiel, se faire plaisir en suscitant la surprise, en prenant le risque de pervertir un script par trop linéaire, comme pour nourrir les attentes des spectateurs peu enclins aux changements de ton. A la place d’un immense plat de pop corn à se partager entre amis, Avengers 2 ressemble davantage à un gros morceau de nougat indigeste, trop sucré mais pas non plus dégueulasse. Même l’humour est plombant; la faute à ces punchlines placées systématiquement à la fin de chaque scène (parfois même à chaque plan dans les scènes de combat et ces dernières sont longues et nombreuses) comme pour désamorcer une tension qui ne vient jamais vraiment. on se croirait revenu aux années 90 à la Demolition Man avec ces héros qui avaient un bon mot pour la caméra à chaque coup porté. Heureusement, le charisme des acteurs reprend le dessus et l’on se surprend même à rire des vannes autour du marteau de Thor et de la dignité du porteur, véritable running gag du film.

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Pourtant, difficile de ne pas sortir d’Avengers : l’ère d’Ultron sans un léger goût d’inachevé ou de déception. Dans le premier opus, chaque acteur apportait sa touche et son charme à un personnage, aujourd’hui ils semblent tous en faire des tonnes et surjouer (mis à part Mark Ruffalo, toujours excellent); et là où la force d’Avengers était de réunir des franchises très différentes dans un ensemble cohérent (l’heroic fantasy de Thor contre le thriller politique de Captain America), l’ère d’Ultron semble se contenter de les aligner sans réel souci pour l’efficacité du scénario. A l’image de cette scène d’intro où les Vengeurs doivent prendre d’assaut la forteresse d’Hydra: au cours d’un plan-séquence dingue, qui passe d’un héros à l’autre- écho de celui de la bataille finale du premier Avengers jusqu’à ce money shot au ralenti qui passe d’un Avenger à l’autre dans une sorte de catalogue un rien show off. Le premier film avait mis la barre tellement haut niveau action et intelligence scénaristique que cet Ultron donne l’air de systématiquement vouloir  l’égaler dans des séquences dantesques, souvent illisibles à cause d’un foutoir de CGI confinant à l’overdose. Parfois, l’action macère dans des scènes de famille un brin neuneu (tout cela pour développer l’anecdotique Hawkeye) et une intrigue complexifiée à outrance à coups de manipulations génétiques, trafic d’armes, flash-backs et flash-forwards alors que tout le monde veut voir Ultron. Justement, Ultron est la réussite du film, celui qui empêche de tomber dans un ennui relatif, celui qui parvient même à faire oublier la Vision et son design futuristo-kitsch tout droit sorti du Superman de 74. Né de la technologie de Tony Stark et sa volonté de toujours aller plus loin, Ultron est un adversaire redoutable et charismatique (merci James Spader), en constante évolution. A chaque nouvelle apparition, son Intelligence Artificielle et son corps sont un peu plus développés, de même que son bug de conception, traversant en quelques jours les stades de l’enfance, l’adolescence et l’âge adulte. Ne soyez donc pas trop déçus par ses premières confrontations et ses hésitations, c’est recherché. Cependant, le personnage n’est pas aussi bien exploité que l’on pouvait l’espérer : Ultron est une IA très évoluée et connectée, dommage de ne pas jouer sur ce côté « virus informatique » qui donnerait du fil à retordre à Iron-Man mais aussi au monde entier.Ce super villain, mi-Antéchrist mi-Frankenstein d’autant plus effrayant qu’il a été crée par l’un des leurs, ajoute une dimension prométhéenne à un ensemble finalement assez plat et qui tendait vers le ronronnement peinard plus les minutes passaient. La création a fini par écraser son créateur, qui veut tout brûler avec elle; ce qui résume sans doute le cas de Whedon mais aussi celui de tout l’univers Marvel alors que la phase 3 s’enclenche bientôt et que Civil War et Infinity War s’annoncent plein de promesses.

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Mais tout n’est pas à jeter dans cet ère D’ultron, loin de là. Bon, le design de la Vision est à chier mais pas la gigantesque fight scène entre un Iron Man équipé de son hulkbuster et d’un Hulk justement hors de contrôle après les maléfices de Scarlet Witch. Sûrement le moment du film, hélas trop vite balayé par un script trop mécanique est sans surprises. Peut-être que c’est finalement Ant-Man qui va relancer la machine Marvel…

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