Alabama MonroeDidier et Élise vivent une histoire d’amour passionnée et rythmée par la musique. Lui, joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l’Amérique. Elle, tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle…

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Des voix graves, des notes de banjo, de la country. Sur scène, un groupe chante et envoûte l’assistance. La caméra se pose près du visage de Didier. Le film commence.

Alabama Monroe c’est la magie du cinéma. C’est te donner l’impression que tu es aux United States of America alors que tu es dans le Plat Pays à moins de 300 km de Paris. C’est te donner des frissons lorsque retentit une musique qui en d’autres lieux t’aurait donné la gerbe (la country n’étant pas ma grande passion). C’est t’embarquer, d’un claquement de doigt, dans cette histoire d’amour, belle comme la vie, qui en voit de toutes les couleurs à cause de cette chienne de vie. Le passé et le présent s’enlacent, se croisent. De la rencontre entre ces deux âmes à la naissance de leur gamine, en passant par la maladie qui va s’emparer de cette petite, ces deux écorchés vifs s’aiment et l’émotion est palpable. Le spectateur peut s’assurer de recevoir des émotions à la gueule. Et ça c’est grâce au talent de Felix Van Groeningen, réalisateur de La Merditude des choses, qui ne sait que trop bien filmer son couple, magnifique, incarné par les splendides Veerle Baetens et Johan Heldenberg.

L’une a une voix d’ange et porte des tatouages partout comme si ils formaient l’historique de sa vie. Quand elle est en couple, elle se tatoue le nom de son copain. Quand c’est la séparation, elle recouvre le tatouage par un nouveau. Lui, a l’apparence d’un ours, d’une brute. Mais c’est un papa poule qui s’effondre bien plus vite qu’on ne le pense. La force du film est de ne jamais tomber dans le pathos et de toujours regarder vers l’espoir. Les larmes couleront à flot et les drames que traversent ces deux là vous marqueront comme une aiguille prête à vous tatouer. Spirale infernale dont la musique seule vous ramènera à la lumière, Alabama Monroe montre à quel point cette chienne de vie est si peu généreuse. Le peu de bonheur qu’elle vous accorde est aussitôt repris. C’est alors que les souvenirs vous collent à la peau et restent les seules choses que vous possédez. Des souvenirs gravés à tout jamais en vous comme un tatouage sur votre peau.

Terriblement humain et toujours bienveillant vis à vis de ses personnages quoiqu’ils fassent (qu’elle efface le nom de son mari de sa peau, qu’il exprime violemment son opinion négatif sur la religion en plein concert, qu’elle décide de croire en la réincarnation pour soulager sa peine), Felix Van Groeningen a présenté à La Quinzaine des Réalisateurs et à Paris Cinéma l’un des plus beaux films de cette année. Qui aurait cru cette année que le meilleur film américain serait belge ? Qui aurait cru que l’on se délecterait d’une BO country qui nous fait faire du yo-yo avec nos émotions ?

La scène finale (à vous déchirer le coeur) qui se déroule dans le même endroit que la fin du film cannois Le Passé me laisse envisager mes prochains séjours à l’hôpital comme des moments cinématographiques en devenir.

Foncez voir Alabama Monroe pour découvrir un film européen qui redonne une âme au cinéma indépendant américain et pour ressentir des choses. Et en cadeau, la BO du film. Enjoy ! Un film que nous conseillons aux amoureux de la musique, aux amoureux du cinéma, aux amoureux. Ce film a indéniablement un pouvoir.

Sortie : 28 août 2013

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